Terre en vue !
Voici le recit de ma randonnee de 5 jours dans le Nord de l ile du Sud, quelque part dans une region nommee Marlborough.
Randonner le long du Queen charlotte sound c est un peu comme prendre la machine a remonter le temps et se retrouver a la fin de l epoque des grands navigateurs, a la recherche de terres nouvelles. C est en effet ici que la Nouvelle-Zelande post Maori va prendre son envol avec la decouverte en 1642 de ces terres lointaines par un Rrrollandais bien de chez nous appelles Abel Tasman. Ce petit monsieur passera 5 jours a tirer des bords dans ce labyrinthe d iles, de baies et de criques ( bellevue !) et laissera une trace indelebile de son passage en donnant a cette contree le nom d une region de Hollande: la Nouvelle-Zelande.
Il faudra attendre 1770, 100 ans plus tard pour que le celebre explorateur anglais James Cook vienne a son tour mouiller dans ces eaux. Et cet endroit lui plaira tellement qu il y reviendra a 5 reprises et le nommera Queen Charlotte sound en l honneur du roi Georges 3. La trace de Cook est encore bien visible: une majorite des criques et baies du coin sonnent bon le nom de ses bateaux tels Ship Cove, Resolution Bay, Endeavour Inlet,... Des endroits enchanteurs ou ses voiliers d exploration se sont un jour ancres.
1 heure de marche apres mon depart je vais deja moi meme affaler les voiles et me poser dans un camping rudimentaire longeant Resolution Bay. Peu de confort mais l endroit est magique: je foule les traces des aventuriers et des premiers migrants venus s installer ici vers 1850. A l ombre des feuilles vert-fluos d un arbre, ma tente offre une vue sur les eaux turquoises de la baie. Juste le temps de faire crepiter le flamme de mon nouveau rechaud, une bonne soupe, une croute de pain et puis une sieste pour se rememorer cette premiere heure de marche deja bien riche. Physiquement peu difficile, cette rando offre une nature a l etat sauvage sur un plateau d argent. J ai vu mon premier Weka, a mi chemin entre une poule et un kiwi, c est l un de ces oiseaux ne sachant pas voler que l on retrouve exclusivement en nouvelle-zelande. Peu farouche, il rode autour de ma tente, essayant de me prendre un petit peu de bouffe. C est que j ai du l attirer avec le festin de ce soir: brocolis frais, lard grill et riz aux epices. Le grand luxe que de se cuisiner du frais, sous un ciel etoile et eclaire par le rayon de ma torche. Par contre quel carnage pour la vaiselle a l eau froide. Aah c est bien gras du lard ! Super bon mais plus jamais !
A 07h du matin, ici c est pas le coq qui s occupe du reveil mais le weka. Elle doit avoir faim la bete et ce bon cri a pas un metre de la tente ca vous degomme du sac de couchage. Il doit aussi avoir reveille ses potes les fantails et autres bush robins, sortes de petits moineaux qui s y mettent pour un concert live. Magnifique. Au dej j en profite pour gouter du miel Neo-Zelandais. Ils sont tres fort la dedans les Kiwis et en effet je deguste. 08h35 je suis ready pour les 25 kilometres de balade cotiere. Un peu les montagnes russes avec ce sac de 17 kg sur le dos. Lourd mais ca m offre le luxe de l autonomie. Sur la route pas mal de Rimu, des arbres autrefois courant mais qu on retrouve desormais peu suite a l usage abusif qui en fut fait. Arrivee a destination 6h plus tard. Juste le temps de mettre la tente et il commence a pleuvoir. J ai toujours eu des doutes sur l etancheite de celle-ci et au moment ou je vous ecris je vais pas tarder a avoir la reponse... Ca pisse sec.
Et pourtant ce sacre hotel de toile sous les etoiles tiendra la coup. Teste et approuve. Matin du 3eme jour et reveil boueux. La tente est encore trempee et ca annonce un beau carnage de crasse un peu partout dans le sac en la repliant. Et puis finalement changement de plan: Aurelien et Klervie, 2 francais rencontres au premier camping, viennent me proposer de grimper le mont Stroke, le plus haut sommet du coin a 5 minutes en Van d ici (ca fait 6 mois qu ils vivent la dedans, tres a la mode ici). Nous voila donc entrain d escalader ce sommet de 1203 metres. Traversee d une foret digne de Lord of The Ring avec des plantes grimpantes et mousses florescentes s aggripant a tout ce qu elles peuvent. On monte a la vitesse TGV et au sommet c est le panorama absolu sur les Marlborough Sounds, toile d araignee d ilots et de bras de terre au milieu du detroit de Cook, reliant mer de Tasmanie et ocean Pacifique. Allez, pour feter cette ascencion je declare que le bar est ouvert. On lance le rechaud pour un the bien chaud. Retour au camping vers 15h00, histoire de voir que les wekas, ces grosses poules qui vont pas tarder a se retrouver sur le bbq, ont tire a la Kalachnikov avec leur bec dans le sac en plastique contenant mes fringues. Pas trop de degats mais si j avais laisse le sac ouvert j aurais pu faire appel a Jacques Pradel pour retrouver mes calecons !
Un dimanche qui demarre sur les chapeaux de roue ! J ai du manger du lion au petit dej car je devore les 23 kms de la journee en 5h15, soit presque 3 heures en avance sur l horaire standard. Nein, les Allemands ne m auront pas eu... Echappee victorieuse a 8 kms de l arrivee. Sur les randos de ce type il y a toujours bien un jour ou on a envie de tracer et de se tirer la bourre avec d autres trekeurs. Une etape a cheval entre les 2 bras de terre Queen Charlotte et Kenepuru avec des baies en veux tu en voila. Un neo-zelandais me fait remarquer que pas mal de terres du coin ont ete deboisees pour etre ensuite surexploitees. Actuellement la foret se regenere et devrait en partie retrouver son etat initial d ici quelques dizaines d annees. Un des magnifiques arbres du coin est le Pohutukawa, ou Christmas tree car ses fleurs apparaissent en decembre et pedurent quelques mois. Arrivee en baie de Portage vers 14h. Plantage de tente et cafe latte pour celebrer la journee.
Derniere journee de ce trek marquee par deux confrontations avec des animaux sauvages. D abord cette nuit, vers 02h00, j entends une bete se rapprochant et semblant roder autour de la tente. Dans la nuit, au beau milieu d un bosquet, on a le temps de se poser des questions sur la nature du monstre... Et puis d un coup ce bruit saisissant d un plastique arrache, dechire sauvagement... Et merde... j ai accroche ma poubelle a la branche d un arbre pour eviter de nouvelles surprises avec mes copains Weka, les oiseaux sans ailes. Mais la nature a pris le dessus. Sortie asap avec la lampe frontale, un coup de torche vers l arbre et la je vois 2 yeux brillants, transpercant la nuit totale. A Bruxelles ca aurait ete un chat mais ici...Djuu c est quoi ce truc suspendu a presque 2 metres de haut dans l arbre ?! La bete semble hypnotisee par ma lampe. Approche en douceur...(avec le pyjama et les boots de rando je devais aussi etre tres impressionant) et au fur et a mesure je distingue une espece de gros marsupial aggripe a l arbre, les griffes encore plantees dans le plastique. Pourtant une bete pareille j en avais deja vue une... ecrasee sur la route. Jamais vivante et si pres ! J ai en face de moi un des 70 millions de possum, fleau de la nouvelle-zelande, importe d Australie et qui s est multiplie a vitesse grand V. Un bon coup de flash, une bonne photo et le voila parti. Et maintenant je finis la nuit avec les ordures dans la tente. Sympa cette petite odeur pot pourri !
Apres cette nuit bof bof c est pas la grande forme d hier et a force de voir des marsupiaux la nuit j en arrive a dormir comme un koala le jour. Pour un court moment, tres court... Je vous disais recemment que ce pays etait grand producteur de miel. Euh et bien faudrait bien que les abeilles se calment 2 secondes dans le coin ! Une piqure de bon matin avec le dar qui reste plante dans la peau. Douloureux. Arrive a la fin de ce trek de 80 kms. Waouh c etait si beau de se promener dans le berceau de la Nouvelle-Zelande... nouvelle, terrain d aventure de quelques grands explorateurs. Ce soir c est le grand luxe: enfin une douche apres 5 jours sans.
Bonne journee a tout le monde.
Randonner le long du Queen charlotte sound c est un peu comme prendre la machine a remonter le temps et se retrouver a la fin de l epoque des grands navigateurs, a la recherche de terres nouvelles. C est en effet ici que la Nouvelle-Zelande post Maori va prendre son envol avec la decouverte en 1642 de ces terres lointaines par un Rrrollandais bien de chez nous appelles Abel Tasman. Ce petit monsieur passera 5 jours a tirer des bords dans ce labyrinthe d iles, de baies et de criques ( bellevue !) et laissera une trace indelebile de son passage en donnant a cette contree le nom d une region de Hollande: la Nouvelle-Zelande.
Il faudra attendre 1770, 100 ans plus tard pour que le celebre explorateur anglais James Cook vienne a son tour mouiller dans ces eaux. Et cet endroit lui plaira tellement qu il y reviendra a 5 reprises et le nommera Queen Charlotte sound en l honneur du roi Georges 3. La trace de Cook est encore bien visible: une majorite des criques et baies du coin sonnent bon le nom de ses bateaux tels Ship Cove, Resolution Bay, Endeavour Inlet,... Des endroits enchanteurs ou ses voiliers d exploration se sont un jour ancres.
1 heure de marche apres mon depart je vais deja moi meme affaler les voiles et me poser dans un camping rudimentaire longeant Resolution Bay. Peu de confort mais l endroit est magique: je foule les traces des aventuriers et des premiers migrants venus s installer ici vers 1850. A l ombre des feuilles vert-fluos d un arbre, ma tente offre une vue sur les eaux turquoises de la baie. Juste le temps de faire crepiter le flamme de mon nouveau rechaud, une bonne soupe, une croute de pain et puis une sieste pour se rememorer cette premiere heure de marche deja bien riche. Physiquement peu difficile, cette rando offre une nature a l etat sauvage sur un plateau d argent. J ai vu mon premier Weka, a mi chemin entre une poule et un kiwi, c est l un de ces oiseaux ne sachant pas voler que l on retrouve exclusivement en nouvelle-zelande. Peu farouche, il rode autour de ma tente, essayant de me prendre un petit peu de bouffe. C est que j ai du l attirer avec le festin de ce soir: brocolis frais, lard grill et riz aux epices. Le grand luxe que de se cuisiner du frais, sous un ciel etoile et eclaire par le rayon de ma torche. Par contre quel carnage pour la vaiselle a l eau froide. Aah c est bien gras du lard ! Super bon mais plus jamais !
A 07h du matin, ici c est pas le coq qui s occupe du reveil mais le weka. Elle doit avoir faim la bete et ce bon cri a pas un metre de la tente ca vous degomme du sac de couchage. Il doit aussi avoir reveille ses potes les fantails et autres bush robins, sortes de petits moineaux qui s y mettent pour un concert live. Magnifique. Au dej j en profite pour gouter du miel Neo-Zelandais. Ils sont tres fort la dedans les Kiwis et en effet je deguste. 08h35 je suis ready pour les 25 kilometres de balade cotiere. Un peu les montagnes russes avec ce sac de 17 kg sur le dos. Lourd mais ca m offre le luxe de l autonomie. Sur la route pas mal de Rimu, des arbres autrefois courant mais qu on retrouve desormais peu suite a l usage abusif qui en fut fait. Arrivee a destination 6h plus tard. Juste le temps de mettre la tente et il commence a pleuvoir. J ai toujours eu des doutes sur l etancheite de celle-ci et au moment ou je vous ecris je vais pas tarder a avoir la reponse... Ca pisse sec.
Et pourtant ce sacre hotel de toile sous les etoiles tiendra la coup. Teste et approuve. Matin du 3eme jour et reveil boueux. La tente est encore trempee et ca annonce un beau carnage de crasse un peu partout dans le sac en la repliant. Et puis finalement changement de plan: Aurelien et Klervie, 2 francais rencontres au premier camping, viennent me proposer de grimper le mont Stroke, le plus haut sommet du coin a 5 minutes en Van d ici (ca fait 6 mois qu ils vivent la dedans, tres a la mode ici). Nous voila donc entrain d escalader ce sommet de 1203 metres. Traversee d une foret digne de Lord of The Ring avec des plantes grimpantes et mousses florescentes s aggripant a tout ce qu elles peuvent. On monte a la vitesse TGV et au sommet c est le panorama absolu sur les Marlborough Sounds, toile d araignee d ilots et de bras de terre au milieu du detroit de Cook, reliant mer de Tasmanie et ocean Pacifique. Allez, pour feter cette ascencion je declare que le bar est ouvert. On lance le rechaud pour un the bien chaud. Retour au camping vers 15h00, histoire de voir que les wekas, ces grosses poules qui vont pas tarder a se retrouver sur le bbq, ont tire a la Kalachnikov avec leur bec dans le sac en plastique contenant mes fringues. Pas trop de degats mais si j avais laisse le sac ouvert j aurais pu faire appel a Jacques Pradel pour retrouver mes calecons !
Un dimanche qui demarre sur les chapeaux de roue ! J ai du manger du lion au petit dej car je devore les 23 kms de la journee en 5h15, soit presque 3 heures en avance sur l horaire standard. Nein, les Allemands ne m auront pas eu... Echappee victorieuse a 8 kms de l arrivee. Sur les randos de ce type il y a toujours bien un jour ou on a envie de tracer et de se tirer la bourre avec d autres trekeurs. Une etape a cheval entre les 2 bras de terre Queen Charlotte et Kenepuru avec des baies en veux tu en voila. Un neo-zelandais me fait remarquer que pas mal de terres du coin ont ete deboisees pour etre ensuite surexploitees. Actuellement la foret se regenere et devrait en partie retrouver son etat initial d ici quelques dizaines d annees. Un des magnifiques arbres du coin est le Pohutukawa, ou Christmas tree car ses fleurs apparaissent en decembre et pedurent quelques mois. Arrivee en baie de Portage vers 14h. Plantage de tente et cafe latte pour celebrer la journee.
Derniere journee de ce trek marquee par deux confrontations avec des animaux sauvages. D abord cette nuit, vers 02h00, j entends une bete se rapprochant et semblant roder autour de la tente. Dans la nuit, au beau milieu d un bosquet, on a le temps de se poser des questions sur la nature du monstre... Et puis d un coup ce bruit saisissant d un plastique arrache, dechire sauvagement... Et merde... j ai accroche ma poubelle a la branche d un arbre pour eviter de nouvelles surprises avec mes copains Weka, les oiseaux sans ailes. Mais la nature a pris le dessus. Sortie asap avec la lampe frontale, un coup de torche vers l arbre et la je vois 2 yeux brillants, transpercant la nuit totale. A Bruxelles ca aurait ete un chat mais ici...Djuu c est quoi ce truc suspendu a presque 2 metres de haut dans l arbre ?! La bete semble hypnotisee par ma lampe. Approche en douceur...(avec le pyjama et les boots de rando je devais aussi etre tres impressionant) et au fur et a mesure je distingue une espece de gros marsupial aggripe a l arbre, les griffes encore plantees dans le plastique. Pourtant une bete pareille j en avais deja vue une... ecrasee sur la route. Jamais vivante et si pres ! J ai en face de moi un des 70 millions de possum, fleau de la nouvelle-zelande, importe d Australie et qui s est multiplie a vitesse grand V. Un bon coup de flash, une bonne photo et le voila parti. Et maintenant je finis la nuit avec les ordures dans la tente. Sympa cette petite odeur pot pourri !
Apres cette nuit bof bof c est pas la grande forme d hier et a force de voir des marsupiaux la nuit j en arrive a dormir comme un koala le jour. Pour un court moment, tres court... Je vous disais recemment que ce pays etait grand producteur de miel. Euh et bien faudrait bien que les abeilles se calment 2 secondes dans le coin ! Une piqure de bon matin avec le dar qui reste plante dans la peau. Douloureux. Arrive a la fin de ce trek de 80 kms. Waouh c etait si beau de se promener dans le berceau de la Nouvelle-Zelande... nouvelle, terrain d aventure de quelques grands explorateurs. Ce soir c est le grand luxe: enfin une douche apres 5 jours sans.
Bonne journee a tout le monde.

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