Stewart: bienvenue a Kiwi island
Gooood day !
Chers fideles lecteurs (trices) impatients, voici des nouvelles croustillantes du front. Des news de la Stewart experience. Juste eu le temps de laisser tomber mon allure de Robinson Crosue, de retrouver la delicate odeur du savon a la lavande et le gris eclatant de mes cheveux lisses et souples. Me voici de retour aux affaires pour le recit de cette aventure sur un ile tres au Sud du monde. Tiens, en clin d oeil voux auriez du voir l allure de la douche apres le grand nettoyage: une splendeur artistique jamais atteinte, un peu dans le style de la zone de lavage des betteraves dans une sucrerie...
Lieu des rejouissances: L ile Stewart, petit bout de terre (ou de boue, comme on veut), en gros la moitie de la Corse, tout au Sud du pays.
J avais lu et entendu beaucoup de choses a propos de ce lieu. D abord lors du Vendee Globe, cette course autour du monde a la voile, ou le navigateur francais Yves Parlier s y etait arrete pour reparer le mat de sa fusee oceanique. Ensuite dans des guides de voyage, des revues, etc. Je savais que j allais voir une nature sauvage, ayant conservee son caractere original grace a l absence de predateurs ayant cause des ravages dans le reste du pays. Je m attendais a decouvrir une foret dense, une jungle de verdure situee tres au Sud de la planete. Et j esperais pouvoir apercevoir le symbole de la Nouvelle-Zelande, le petit animal protege, l oiseau cloue au sol et au bec demesure: le kiwi. Fallait verifier tout ca ! Hop en avant !
Il y a deux semaines je me suis donc embarque pour un trek de 11 jours au coeur du parc national de Stewart. 11 jours sans le moindre ravitaillement, il fallait donc devaliser le rayon pates deshydratees avant le depart ! Gros gros sac, mais heureusement que j allais partager ce "calvaire" vert avec deux francais rencontres au debut du voyage: Klervi et Aurelien, inconditionnels comme moi de ces longues randos en autonomie. Et comme Aurelien est un homme du Sud Est,... je pouvais pas faire sans emporter le petit plus, propice en region pluvieuse, j ai nomme... le Ricard ! Fallait voir notre allure avec les sacs remplis a craquer de bouffe, vetements pluie, rechaud a gaz, sac de couchage et toute l artillerie. De gros mastodontes ambulants a l attaque du circuit Nord Ouest de Stewart.
A peine parti, deja la pluie. D ailleurs Aurelien avait senti le coup et s etait decide a porter son beau maillot short a fleurs. Un vrai camouflage de jungle ! ET franchement on peut bien utiliser ce mot pour qualifier la vegetation folle de cette ile: des mousses abondantes aux fougeres a raz le sol. Des massifs Rimu (pins rouges) de taille gigantesque aux lianes pendant un peu partout. L univers de Tarzan pour sur ! Tellement dense que pluie ou soleil, meme combat: on evoluait dans un univers sombre et dense, cherchant a a eviter les pieges d un chemin tres mais alors TRES boueux et accidente. Ma surprise preferee, la racine "gamelle" ou la liane "croche-pied". Dans la foret le challenge consistait donc a jouer les apprentis funambules sur les racines afin d eviter de se noyer en cours de route. Grande victoire si dans la journee on se preservait de s embourber jusqu aux genoux ou plus. Hormis ces petits tracas, quel spectacle de couleur ces forets de l ile. Le vert OK donc mais aussi le jaune. La magie de Stewart c est de passer en 5 minutes d un paysage de bush, de boue, empetre dans les lianes sous la pluie, a une plage doree, deserte, bordee d immenses dunes sous un soleil eclatant. Les elements et les paysages changent en un clin d oeil sur ce petit bout de terre. parfois le genre de truc qui enerve: veste pluie a peine mise ca redevient plein soleil et inversemment.
A l image Imax on ajoute ensuite un son dolby surround THX qui tue ! Stewart c est l ile aux oiseaux: des petits cui-cuis des fantails et robins aux melodies harmonieuses des tuis et bellbirds jusqu au delire sonore du kakariki qui vous reveille un mort(un peu dans le style perruche), tout est magie. Mais bien sur l oiseau superstar de l ile, celui qui d un cri terrible vous fait bondir du lit au lever du jour, c est le kiwi. Le but de cette rando c etait certainement de voir a quoi ressemble cette sacre bete... ET ca s est fait attendre.... Les premies jours, rien de rien. Puis dans notre quete, le 6 eme jour on apercoit, oh bonheur, des traces de pattes dans le sable. Le lendemain dans la nuit noire, l effroyable cri de l animal. Et,... le 8eme jour, LE jour. D abord une ombre qui s echappe dans la vegetation. ensuite une cul de grosse poule tout aussi prompt a degarpir. Et enfin, alors que je m etais arrete pour un pause photo comme un vrai japonais, des bruissements de feuilles... Quelque chose bouge droit devant... Un monsieur kiwi croise le chemin. Tout mignon avec son gros cul, sa petite tete et son bec a n en plus finir. Un demarche pleine de pacifisme. Tiens, il est bizarre celui-ci avec sa fourrure beige/blanche. Le DOC officer m apprendra au retour que celui-la etait un kiwi albino tres rare et que je venais de lui apprendre qu une bete de ce type vivait sur l ile. Pas de doute cette rando sent bon l exploration. Le jour suivant c est 3 autres kiwis qui viendront nous serrer le bec, jusqu a nos pieds, pas inquiets pour un euro. Vraiment une rencontre unique avec la legende vivante du pays.
L autre legende de l ile c est... le chasseur ! Cet animal se deplace en meute de 7 ou 8, encombre les huttes d un bazarre a faire fuir le randonneur, se cuisine des plats a vous faire languir pendant que vous ingurgitez votre maigre ration. Et oui pas mal de chasseurs, ce qui offre des charmes inattendus, tel se laver les dents a cote d un daim ayant perdu sa tete et peu judicieusement suspendu pres de l evier. Hmmm et je raconte pas la scene de charcuterie ni la vue qui s en suivit: un cul de daim en vitrine a la fenetre de la chambre. Frais a vous donner envie de devenir vegetarien.
D autres images animales plus uniques: un dauphin longeant la cote dans la tempete, un pingouin en smoking titubant dans notre direction (il avait pique du Ricard ou quoi ?), un phoque prenant un bain de soleil et... euh... des sandflies venant faire gince de mon sang a moi.
La magie de Stewart a agi: je suis vraiment epate par ce trek. Dur, boueux, tres isole (on a croise pesonne sur le chemin en 10 jours de trek) mais que des bons moments. Quand chaque jour apporte sa petite surprise c est le bonheur assure.
Pour feter notre tour, Klervi et Aurelien sont venus manger a l auberge hier. On devait recuperer les calories perdues. Mission accomplie.
A plus tard.
Chers fideles lecteurs (trices) impatients, voici des nouvelles croustillantes du front. Des news de la Stewart experience. Juste eu le temps de laisser tomber mon allure de Robinson Crosue, de retrouver la delicate odeur du savon a la lavande et le gris eclatant de mes cheveux lisses et souples. Me voici de retour aux affaires pour le recit de cette aventure sur un ile tres au Sud du monde. Tiens, en clin d oeil voux auriez du voir l allure de la douche apres le grand nettoyage: une splendeur artistique jamais atteinte, un peu dans le style de la zone de lavage des betteraves dans une sucrerie...
Lieu des rejouissances: L ile Stewart, petit bout de terre (ou de boue, comme on veut), en gros la moitie de la Corse, tout au Sud du pays.
J avais lu et entendu beaucoup de choses a propos de ce lieu. D abord lors du Vendee Globe, cette course autour du monde a la voile, ou le navigateur francais Yves Parlier s y etait arrete pour reparer le mat de sa fusee oceanique. Ensuite dans des guides de voyage, des revues, etc. Je savais que j allais voir une nature sauvage, ayant conservee son caractere original grace a l absence de predateurs ayant cause des ravages dans le reste du pays. Je m attendais a decouvrir une foret dense, une jungle de verdure situee tres au Sud de la planete. Et j esperais pouvoir apercevoir le symbole de la Nouvelle-Zelande, le petit animal protege, l oiseau cloue au sol et au bec demesure: le kiwi. Fallait verifier tout ca ! Hop en avant !
Il y a deux semaines je me suis donc embarque pour un trek de 11 jours au coeur du parc national de Stewart. 11 jours sans le moindre ravitaillement, il fallait donc devaliser le rayon pates deshydratees avant le depart ! Gros gros sac, mais heureusement que j allais partager ce "calvaire" vert avec deux francais rencontres au debut du voyage: Klervi et Aurelien, inconditionnels comme moi de ces longues randos en autonomie. Et comme Aurelien est un homme du Sud Est,... je pouvais pas faire sans emporter le petit plus, propice en region pluvieuse, j ai nomme... le Ricard ! Fallait voir notre allure avec les sacs remplis a craquer de bouffe, vetements pluie, rechaud a gaz, sac de couchage et toute l artillerie. De gros mastodontes ambulants a l attaque du circuit Nord Ouest de Stewart.
A peine parti, deja la pluie. D ailleurs Aurelien avait senti le coup et s etait decide a porter son beau maillot short a fleurs. Un vrai camouflage de jungle ! ET franchement on peut bien utiliser ce mot pour qualifier la vegetation folle de cette ile: des mousses abondantes aux fougeres a raz le sol. Des massifs Rimu (pins rouges) de taille gigantesque aux lianes pendant un peu partout. L univers de Tarzan pour sur ! Tellement dense que pluie ou soleil, meme combat: on evoluait dans un univers sombre et dense, cherchant a a eviter les pieges d un chemin tres mais alors TRES boueux et accidente. Ma surprise preferee, la racine "gamelle" ou la liane "croche-pied". Dans la foret le challenge consistait donc a jouer les apprentis funambules sur les racines afin d eviter de se noyer en cours de route. Grande victoire si dans la journee on se preservait de s embourber jusqu aux genoux ou plus. Hormis ces petits tracas, quel spectacle de couleur ces forets de l ile. Le vert OK donc mais aussi le jaune. La magie de Stewart c est de passer en 5 minutes d un paysage de bush, de boue, empetre dans les lianes sous la pluie, a une plage doree, deserte, bordee d immenses dunes sous un soleil eclatant. Les elements et les paysages changent en un clin d oeil sur ce petit bout de terre. parfois le genre de truc qui enerve: veste pluie a peine mise ca redevient plein soleil et inversemment.
A l image Imax on ajoute ensuite un son dolby surround THX qui tue ! Stewart c est l ile aux oiseaux: des petits cui-cuis des fantails et robins aux melodies harmonieuses des tuis et bellbirds jusqu au delire sonore du kakariki qui vous reveille un mort(un peu dans le style perruche), tout est magie. Mais bien sur l oiseau superstar de l ile, celui qui d un cri terrible vous fait bondir du lit au lever du jour, c est le kiwi. Le but de cette rando c etait certainement de voir a quoi ressemble cette sacre bete... ET ca s est fait attendre.... Les premies jours, rien de rien. Puis dans notre quete, le 6 eme jour on apercoit, oh bonheur, des traces de pattes dans le sable. Le lendemain dans la nuit noire, l effroyable cri de l animal. Et,... le 8eme jour, LE jour. D abord une ombre qui s echappe dans la vegetation. ensuite une cul de grosse poule tout aussi prompt a degarpir. Et enfin, alors que je m etais arrete pour un pause photo comme un vrai japonais, des bruissements de feuilles... Quelque chose bouge droit devant... Un monsieur kiwi croise le chemin. Tout mignon avec son gros cul, sa petite tete et son bec a n en plus finir. Un demarche pleine de pacifisme. Tiens, il est bizarre celui-ci avec sa fourrure beige/blanche. Le DOC officer m apprendra au retour que celui-la etait un kiwi albino tres rare et que je venais de lui apprendre qu une bete de ce type vivait sur l ile. Pas de doute cette rando sent bon l exploration. Le jour suivant c est 3 autres kiwis qui viendront nous serrer le bec, jusqu a nos pieds, pas inquiets pour un euro. Vraiment une rencontre unique avec la legende vivante du pays.
L autre legende de l ile c est... le chasseur ! Cet animal se deplace en meute de 7 ou 8, encombre les huttes d un bazarre a faire fuir le randonneur, se cuisine des plats a vous faire languir pendant que vous ingurgitez votre maigre ration. Et oui pas mal de chasseurs, ce qui offre des charmes inattendus, tel se laver les dents a cote d un daim ayant perdu sa tete et peu judicieusement suspendu pres de l evier. Hmmm et je raconte pas la scene de charcuterie ni la vue qui s en suivit: un cul de daim en vitrine a la fenetre de la chambre. Frais a vous donner envie de devenir vegetarien.
D autres images animales plus uniques: un dauphin longeant la cote dans la tempete, un pingouin en smoking titubant dans notre direction (il avait pique du Ricard ou quoi ?), un phoque prenant un bain de soleil et... euh... des sandflies venant faire gince de mon sang a moi.
La magie de Stewart a agi: je suis vraiment epate par ce trek. Dur, boueux, tres isole (on a croise pesonne sur le chemin en 10 jours de trek) mais que des bons moments. Quand chaque jour apporte sa petite surprise c est le bonheur assure.
Pour feter notre tour, Klervi et Aurelien sont venus manger a l auberge hier. On devait recuperer les calories perdues. Mission accomplie.
A plus tard.

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