Mise au vert a Kahurangi
Apres une semaine de civilisation a Picton et Nelson, j ai decide de me remettre au vert en retournant dans des contrees sauvages et intactes. A une heure en voiture de Nelson s est enracine une petite ville nommee Motueka, tres celebre pour ses pommes. C est aussi ici que se trouve la porte d entree du 2eme plus grand parc national de Nouvelle-Zelande: le Kahurangi. On y trouve des richesses geologiques, vegetales et animales. En effet ce parc peut se vanter d avoir parmi les plus vieilles formations rocheuses du pays, avec des fossiles estimes a 500 millions d annees, epoque a laquelle la NZ faisait encore partie d un immense continent appelle Gondwana. Le Kahurangi c est aussi un regroupement de pres de 50 pourcents des vegetaux du pays ainsi que d especes uniques a ce parc. Au travers cette vegetation dense et en ouvrant bien les yeux on peut avoir la chance d apercevoir une foule d oiseaux, parfois rare comme les kakapos, des gros perroquets si gros qu ils sont incapables de voler, ou des kiwis. A porte de main on a souvent un fantail, un robin ou un riffleman ouvrant le chemin. Ils s interessent aux randonneurs qui avec leurs grosses pattes deterrent les vers ou font fuir les insectes. Pour eux le repas est servi. Apres une sacree piste en gravier rejoignant le parking au sommet de la Graham valley, on laisse la mecanique refroidir et on fait par contre chauffer les boots pour une belle balade dans la foret"barbe a papa". La mousse s y aggrippe partout. A force j ai meme l impression qu elle prend racine sur moi. Allez la fini de trainer, je monte jusqu a la cabane Arthur pour une tentative d ascension du sommet du meme nom point a 1800 m. Mais bardaf c est l embardee, voila que Manneken Pis se soulage d une envie pressante sur la NZ. Ca pleut didjuu. On abandonne cette pourtant bonne idee et c est la que, en redescendant dans la vallee, j apercois un OVNI. Et pourant rien, meme pas une goutte de perniflard, ej vous el jure msieur el commisaire ! Devant moi, un oiseau volant nom identifie. Ses yeux jaunes grand-ouverts me fixent. C est etrange j ai le sentiment qu il s interesse a moi, qu il s interroge sur cette drole de bete qu il a en face de lui. Il suffit que je cache ma tete derriere un arbre pour qu il commence a me chercher du regard. On restera ainsi pendant bien 5 minutes comme si une complicite s installait. Vraiment une rencontre incroyable entre l homme et l oiseau. Je suis sur qu il a reconnu en moi le pilote emerite... En plus de toutes ces richesses naturelles, on sent encore dans cette vallee la sueur des aventuriers, des chercheurs d or qui y vivaient dans des conditions difficiles a la recherche des precieuses pepites. C etait dans les annees 1870 et la region regorge encore de mines le long des multiples rivieres. Ce soir je me pose dans un endroit magique, un endroit nomme Gridiron upper shelter. Une cabane toute simple surplombant la vallee et adossee a une paroi rocheuse. Il y a 3 couchettes dans la demeure et sur la "terrasse" un emplacement pour le feu aupres duquel se trouve un formidable fauteuil a bascule. C est a la lueur des braises que je vous ecris ces quelques mots sentant bon le feu de bois. Et ce soir j ai la compagnie d un robin temeraire qui me suit depuis tout a l heure. Pour grapiller quelques miettes et se bronzer pres des flammes probablement.
Apres cette tres bonne soiree, place a une journee bien remplie. C est que j ai sous estime la longueur du trajet et pour en remettre une couche j ai "un de ces quoi" qui deconne a la cheville gauche. Voila qu il m a fallu 10 heures pour couvrir l etape passant par le Cobb reservoir en direction du lac Peel, de Tableland pour finalement m allonger dans le tres basique Spludgeons rock shelter. Pendant toute la journee je me suis senti, "a l insu de mon plein gre" comme un Richard Virenque dans l ascension du Mont Ventoux ! C est que moi aussi dans la grande boucle autour du mont Arthur j ai mes fans... des fantails, ces petits oiseaux a la queue en eventail qui arretent pas de tournoyer autour de moi. En tout cas le maillot a poix c est pas pour moi aujourd hui ! Je me traine ! Passage par le starvation ridge nomme en memoire de ces futur-ex Picsou qui ne trouverent que tres peu d or et de nourriture dans le coin. Se rendant compte de la mauvaise affaire, ils sont vite aller voir ailleurs mais certaines de leurs huttes ont ete reprises et modernisees par le DOC, le grand organisme en charge de la conservation des ressources naturelles de la NZ. Il fait vraiment un beau boulot ce DOC avec pas moins de 70 huttes rien que dans ce parc. Ce soir je me reserve le dernier matelas de cette loge de 5 personnes. 2 americaines ont tente de nous ramener des truites de la riviere. Peine perdue ce sera macaroni thon.
"Et bien msieur c est votre jour alors je vous en mets 8 pour le prix de 4". Une troisieme journee longeant la riviere Leslie reconnue pour ses truites brunes. Je me suis fait pieger par une bricole de carte et cette journee qui devait etre facile et de bon augure pour ma cheville... aura ete une horreur totale ! J avais prevu 4 heures et un relief tranquille...et bien c est 1000 metres de denivele et 8 heures que je me suis pris. Rien d affolant quand un sentier existe mais ici point de sentier il y avait! Le commentaire rajoute sur le panneau en debut de montee annoncait le programme: horror track. Il a fallu se frayer un chemin entre les gros rochers, la vegetation dense, les patinoires de racines et de feuilles humides, les passages boueux jusqu au genou. Et en arrivant au sommet du Baton saddle, delivrance ? Pfff encore pire. Toute la descente a travers des plantes masquant completement le sol et qui vous piquent comme des aiguilles. Pente a 45 degres, sol humide et glissades assurees. Berdaf je me retale en grand dans les epines. Plus loin les petits torrents ont creuse dans le sol des saignees rendues invisibles ou presque... Un beau parcours du combattant. Au moins la hutte Flanagans en bout de vallee est geniale. Mise en route du feu, passage par la riviere pour constituer le stock d eau de la soiree, et puis le temps de prendre un cafe et je retourne dans le grand Nord en compagnie des ours et du bouquin de Jean-Louis Etienne. Finalement pas que du negatif: bonne hutte, plein a manger et une journee ou j ai vu un gros pigeon neo-zelandais.
A force de lire des histoires de trappeurs du Spitzberg vivant de chasse et de peche en bordure de la banquise, ce matin je me suis decide a passer cette journee du jeudi au milieu de cette grande nature, a prendre le soleil, observer l environement grandiose et a laisser reposer la cheville en vue de la suite. C est incroyable comment le temps passe autrement quand tout le luxe n est pas mis a disposition comme dans nos societes modernes. Allez jusqu a la riviere et ensuite faire bouillir l eau pour avoir qqch de potable a boire. Allez dans la foret tracter quelques grosses branches, les scier pour ensuite demarrer le feu pour un peu de chaleur. J avais meme l envie d une bonne truite grillee mais ca aurait ete trop beau: rien a pecher dans cette riviere. Bref une journee de mise au vert a 1000 lieues de toute presence humaine (rien dans les 12 kms). Ce soir j ai des visiteurs: 1 neo-zelandais et 2 anglais montes de la vallee. Je finis la soiree en commencant le 2 eme livre de ce voyage. Je passe de l Arctique a la haute montagne: premier de cordee de Frison-Roche, un grand classique.
Apres cette tres bonne soiree, place a une journee bien remplie. C est que j ai sous estime la longueur du trajet et pour en remettre une couche j ai "un de ces quoi" qui deconne a la cheville gauche. Voila qu il m a fallu 10 heures pour couvrir l etape passant par le Cobb reservoir en direction du lac Peel, de Tableland pour finalement m allonger dans le tres basique Spludgeons rock shelter. Pendant toute la journee je me suis senti, "a l insu de mon plein gre" comme un Richard Virenque dans l ascension du Mont Ventoux ! C est que moi aussi dans la grande boucle autour du mont Arthur j ai mes fans... des fantails, ces petits oiseaux a la queue en eventail qui arretent pas de tournoyer autour de moi. En tout cas le maillot a poix c est pas pour moi aujourd hui ! Je me traine ! Passage par le starvation ridge nomme en memoire de ces futur-ex Picsou qui ne trouverent que tres peu d or et de nourriture dans le coin. Se rendant compte de la mauvaise affaire, ils sont vite aller voir ailleurs mais certaines de leurs huttes ont ete reprises et modernisees par le DOC, le grand organisme en charge de la conservation des ressources naturelles de la NZ. Il fait vraiment un beau boulot ce DOC avec pas moins de 70 huttes rien que dans ce parc. Ce soir je me reserve le dernier matelas de cette loge de 5 personnes. 2 americaines ont tente de nous ramener des truites de la riviere. Peine perdue ce sera macaroni thon.
"Et bien msieur c est votre jour alors je vous en mets 8 pour le prix de 4". Une troisieme journee longeant la riviere Leslie reconnue pour ses truites brunes. Je me suis fait pieger par une bricole de carte et cette journee qui devait etre facile et de bon augure pour ma cheville... aura ete une horreur totale ! J avais prevu 4 heures et un relief tranquille...et bien c est 1000 metres de denivele et 8 heures que je me suis pris. Rien d affolant quand un sentier existe mais ici point de sentier il y avait! Le commentaire rajoute sur le panneau en debut de montee annoncait le programme: horror track. Il a fallu se frayer un chemin entre les gros rochers, la vegetation dense, les patinoires de racines et de feuilles humides, les passages boueux jusqu au genou. Et en arrivant au sommet du Baton saddle, delivrance ? Pfff encore pire. Toute la descente a travers des plantes masquant completement le sol et qui vous piquent comme des aiguilles. Pente a 45 degres, sol humide et glissades assurees. Berdaf je me retale en grand dans les epines. Plus loin les petits torrents ont creuse dans le sol des saignees rendues invisibles ou presque... Un beau parcours du combattant. Au moins la hutte Flanagans en bout de vallee est geniale. Mise en route du feu, passage par la riviere pour constituer le stock d eau de la soiree, et puis le temps de prendre un cafe et je retourne dans le grand Nord en compagnie des ours et du bouquin de Jean-Louis Etienne. Finalement pas que du negatif: bonne hutte, plein a manger et une journee ou j ai vu un gros pigeon neo-zelandais.
A force de lire des histoires de trappeurs du Spitzberg vivant de chasse et de peche en bordure de la banquise, ce matin je me suis decide a passer cette journee du jeudi au milieu de cette grande nature, a prendre le soleil, observer l environement grandiose et a laisser reposer la cheville en vue de la suite. C est incroyable comment le temps passe autrement quand tout le luxe n est pas mis a disposition comme dans nos societes modernes. Allez jusqu a la riviere et ensuite faire bouillir l eau pour avoir qqch de potable a boire. Allez dans la foret tracter quelques grosses branches, les scier pour ensuite demarrer le feu pour un peu de chaleur. J avais meme l envie d une bonne truite grillee mais ca aurait ete trop beau: rien a pecher dans cette riviere. Bref une journee de mise au vert a 1000 lieues de toute presence humaine (rien dans les 12 kms). Ce soir j ai des visiteurs: 1 neo-zelandais et 2 anglais montes de la vallee. Je finis la soiree en commencant le 2 eme livre de ce voyage. Je passe de l Arctique a la haute montagne: premier de cordee de Frison-Roche, un grand classique.
Vendredi, une journee bien mouvementee avec un brin de debrouille. Apres ma journee off de la veille et toute cette energie mise de cote j ai mis mes bottes de 7 lieues ce matin pour voler de la hutte flanagans jusqu au pied de la Baton Valley. Le plus comique de cette etape tres technique: les traversees de riviere. Comme mes pompes de rando me servent pour aller aussi bien au supermarche qu au sommet des aretes rocheuses, j avais pas envie de les innonder. Chausser, dechausser, rechausser, de, re, de,... J ai affute la technique ! Et je vous dis pas comment ca caille l eau de riviere par ici. Arrive a la baton road, j ai alors un choix crucial a faire: soit reprendre le chemin de rando en direction de Nord avec un tres gros denivele pour atteindre le sommet du Mt Arthur, passer la nuit la haut et redescendre chercher la voiture le lendemain. Soit... faire du stop pendant 40 kms et retrouver ma Nazda qui me manque beaucoup. Alors que j etais occupe a reflechir, 2 fieux dans un vieux 4x4 tout pourri me propose de me deposer au croisement. OK Marcel, ca roule ! Je pose mon sac dans le coffre (sur la tronconneuse) et nous voila parti. "Tu veux une pinte?" Voila qu il sort une canette toute fraiche ! Apres avoir roule 500 m, le pilote, l air inquiet, fait demi-tour vers sa hutte et me dit: "on aura pas assez de pintes pour la route! Attends, j arrive." Apres une deuxieme pinte les 2 gars bien sympas me deposent au carrefour... oui mais euh... pas celui que je pensais... Enfin faut pas etre trop regardant... plus que 25 kms jusqu au parking. Apres 1 heure de marche sur cette route deserte, je me fais embarquer par un autre gars jusqu au bas de la route montant a destination. Plus que 14 kms de montee et j y suis. 1 heure de marche plus tard voila 2 anglais qui arrivent plein tube sur cete route en gravier. "Monte dans le coffre, pousse le brole qui te derange et on y va!" Me voila maintenant dans une position acrobatique pose sur un tas de sac dans le coffre d une antique Ford Sierra break. la poussiere rentre de tous les cotes, la pente s accoit, le moteur chauffe et puis... CLAC ! Aaah beinh c est casse. On tombe en rade a 3 kms du parking. C est que ca aurait ete plus malin si le moteur avait eu un filtre a air... 1 heure de marche et enfin je retrouve titine bien sage pour me redescendre vers la civilisation. L histoire se finit bien pour les 2 anglais: on a trouve un fermier qui s est fait une joie d aller leur donner un coup de main. Et en discutant avec ce gars, apres lui avoir parle de mon sejour en ecosse, il appelle son fils qui se ramene avec une corne muse et me joue en plein milieu des montagnes neo-zelandaises un air ecossais. Moment completement farfelu mais tellement comique ! Retour a Motueka en debut de soiree.

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