Monday, May 29, 2006

4 jours dans les Catlins

(La verdure et les routes relaxantes des Catlins)

Apres une aventure un peu imprevue sur Stewart, mon planning chamboule me mene en cette fin mai dans la region des Catlins, endroit un peu perdu a l extremite Sud Est de l ile du Sud. Les Catlins sont delimites geographiquement par 2 phares et sont fort apprecies pour leur faune remarquable. C est sur ces cotes que l oeil averti aura la chance de s emerveiller devant les blue et yellow eyed pingouins, sea lions, fur seals et autre hector dolphins. Cote mer on a de grandes plages, des dunes et cote cour pas mal de forets natives remplies de Rimu (red pine), Matai (black pine), Kamahi,... bref des grosses betes qui j espere ne baigneront pas dans la boue comme sur l ile Stewart.

Depart vendredi et hmmm... disons une premiere journee au gout... Paris/Dakar ! Apres m etre embourbe les pieds a Stewart, et d un coup de volant majestueux, j enfonce, voir meme j enterre la Mazda au fin fond d une piste sabloneuse. Sur le track menant au wetland lagoon je me suis senti pousser des ailes... Beinh oui dans le coin c est plutot du genre route en gravier ou piste en sable. Au choix. Hey OK it s a Mazda mais c est pas encore un Land Rover malheureusement. Alors voila, ensable a des kilometres de toute habitation et bien sur sans reseau gsm pour obtenir de l assistance. Tentative de desablage a la main: on met d abord un genou a terre et on finit a plat ventre baignant dans dans le sable pour essayer de liberer le monstre. Coup d accelerateur... ouais et ta soeur ! Pas bouge d un poil ! Je jure je gueule et puis c est la qu on passe au plan B et qu on prend exemple sur les rallymen su Dakar. Un coup de crique (je me marre en pensant a la pub Kriek). On place sous les roues des rondins de bois recueillis sur la plage. On vide la bagnole de la caisse de soupe tomate en boite pour gagner du poids. Hop c est parti. Metre par metre, dans une symphonie de crique et de rondins craquants, on remet titine sur un sable plus dur. Prise de vitesse, fond de balle en marche arriere pour se sortir d un deuxieme passage delicat. Record battu: 3 heures pour faire 200 metres. Pas mecontent de m etre debrouille comme un grand. L interieur de l auto a un petit cote saharien desormais: j en ai mis partout. Sous la pluie et avec le retard accumule j ai juste le temps de me rendre au phare Waipapa. Pas un chat mais bien des lions de mer. A une quinzaine de metres je les observe se battre amicalement. Pas question d embeter les gros lourdeaux de plus pres, ils sont vraiment pas sympathiques. Alors ce soir c est une top auberge que je trouve. Terrasse en face de la Purpoise bay, tout petit tout cosi. Il parait meme que parfois des pingouins viennent donner un coup de bec au carreau... Ca s appelle le Curio bay Backpacker et ce soir pour feter mon desablage je me prepare une bonne tortilla de patatas. Touche espagnole meme si j aurais aime arroser ca d un divin kalimocho (coca-vin rouge).

Un samedi exceptionnel... du pire au meilleur. Le pire d abord. Ca va vous faire marrer... Ce matin, occupe a charger mon coffre pour le depart, 2 gars me demandent un coup de main pour demarrer leur voiture. Batterie a plat. Hop je mets les cables, fais ronronner le moteur de la Mazda et... GO gaz en grand pour generer assez de jus pendant que le gars tente de faire rugir son monstre. OK c est bon pour lui. Je ferme le capot, retourne finir le chargement et la... le carnage ! Comme une andouille j ai laisse mon sac et bien sur le pantalon beige, a peine remis de son experience sable de la veille, la ou il fallait pas. Ou ca ? Juste derriere le pot d echappement. Et moi qui mettait les gazs avec joie. Quelle classe quand meme ce degrade huileux sur la poche. Hmmm et cette odeur... succes assure pour etre debarrasse a tout jamais des sandflies. TIME for WASHING ! Dans l apres midi j ai mis un pied au cul de la Nouvelle-Zelande (The bottom, c est comme ca qu on appele l extremite Sud de l ile). La aussi je n en ressors pas indemne: glissage dans le champ boueux... TIME for WASHING ! Je finis l aprem en pyjama. Plus rien d autre de sec. Place au meilleur: voir des pingouins en liberte, de pres, c est deja grand mais quand en plus ca se passe dans une foret fossilisee c est geant. Le long de la Curio Bay, une foret datant de 180 millions d annees a ete fossilisee suite a des eruptions successives. Resultat, a maree basse on apercoit clairement la forme des troncs, les pieds des fougeres,... en pierre ! Magique. Et les stars du coin ce sont les tres rares yellow eyed pingouins qui ont construit leur nid dans la vegetation en bordure de la baie. Apres une chasse au poisson quotidienne ils retournent au nid a la tombee de la nuit. Et ce soir, cache derriere un rocher, j assiste a un grand spectacle: les mignons petits monstres deambulent devant moi, poussant des cris et sautillant de rocher en rocher, pour retrouver tout doucement le chemin de la maison. Le bonheur de la vie animale en NZ.

Une tension persistante, un stress qui n en finit pas ? Lachez tout et venez faire un tour dans les Catlins ! Vindjuu cette region sous le soleil on fait plus moche ! Adieu prosac et bonjour douces collines verdoyantes, hello les troupeaux de moutons broutant paisiblement, salut les belles plages aux vagues taillees pour le surf, good day les routes bucoliques serpentant entre cotes et campagnes, konnichiwa les rivieres, cascades et ruisseaux argentes, hola les forets natives et leur belle verdure. Manque de compagnie ? Pff suffit de demander: toujours bien un phoque, un lion de mer, un pingouin ou un dauphin au coin de la plage. Oui c est le pied ici. Pas de grosses attractions ce dimanche mais plein de petites visites en cour de route. D abord les impresionnantes chutes du Niagara version NZ, ensuite de la meditation aux cathedral caves, immense falaise percee de tunnels resonnants a tout vent. Un peu plus loin une plaine de Manuka, herbe basse poussant en zone marecageuse. Petit casse croute a la Tautuku Bay et sa foret native poussant a meme les dunes. Ca ressemble fort a un amphitheatre ou la mere monte en scene. Ce petit fromage m a donne soif: en route vers les Matai et Horseshe falls. Pas encore plein, un coup d oeil sur les chutes les plus photographiees du pays: les Purakaunui falls. Un cri de pingouin, la en contrebas de la falaise. Je commence a avoir l oreille musicale ! Tout pres le Jack s blowhole, un enorme tunnel au sein d une falaise dont un partie s est effondree. Resultat, en plein milieu d un champ, tout en bas au fond du trou, on apercoit les vagues de l ocean. Toutes ces attractions sont reliees entre elles par des routes en gravier tres peu courrues. Ni gsm, ni radio, quelques petits cottages vieillots ca et la, bref un sentiment de bout du monde qui laisse planer une atmosphere relaxante et legere tel le vol des faucons neo-zelandais en demonstration tout au long de la journee.

Afin de boucler la boucle, ce lundi je me suis rendu a la Cannibal Bay. Et oui, un scientifique britannique a trouve sur cette plage quelques restes de BBQ humain. Car il faut savoir que les Maoris avaient l habitude de devorer leurs ennemis pour feter la victoire. En fait pour se renforcer dit on. Peu d agitation aujourd hui et rien a manger, sauf peut etre un lion de mer faisant la sieste. Sortie de la region des Catlins par le Nuggets point: un beau phare sur un promontoire rocheux dominant les nuggets, des rocs enormes un peu plus loin au large. Retour a Invercargill par la presidential Highway... C est quoi ca ? C est juste bien comique: Le long de la national 1 se trouvent deux villes nommees Clinton et Gore ! Fin de balade presidentielle donc.

La suite du voyage: la region des Fjords (Te Anau, Milford,...). Classee au patrimoine de l Unesco, ca annonce le programme. Reste a attendre un peu pour des news fraiches. A plus tard.

Thursday, May 25, 2006

Stewart: bienvenue a Kiwi island

(Un chtit kiwi qui vient nous faire coucou dans le bush de Stewart)

Gooood day !
Chers fideles lecteurs (trices) impatients, voici des nouvelles croustillantes du front. Des news de la Stewart experience. Juste eu le temps de laisser tomber mon allure de Robinson Crosue, de retrouver la delicate odeur du savon a la lavande et le gris eclatant de mes cheveux lisses et souples. Me voici de retour aux affaires pour le recit de cette aventure sur un ile tres au Sud du monde. Tiens, en clin d oeil voux auriez du voir l allure de la douche apres le grand nettoyage: une splendeur artistique jamais atteinte, un peu dans le style de la zone de lavage des betteraves dans une sucrerie...

Lieu des rejouissances: L ile Stewart, petit bout de terre (ou de boue, comme on veut), en gros la moitie de la Corse, tout au Sud du pays.

J avais lu et entendu beaucoup de choses a propos de ce lieu. D abord lors du Vendee Globe, cette course autour du monde a la voile, ou le navigateur francais Yves Parlier s y etait arrete pour reparer le mat de sa fusee oceanique. Ensuite dans des guides de voyage, des revues, etc. Je savais que j allais voir une nature sauvage, ayant conservee son caractere original grace a l absence de predateurs ayant cause des ravages dans le reste du pays. Je m attendais a decouvrir une foret dense, une jungle de verdure situee tres au Sud de la planete. Et j esperais pouvoir apercevoir le symbole de la Nouvelle-Zelande, le petit animal protege, l oiseau cloue au sol et au bec demesure: le kiwi. Fallait verifier tout ca ! Hop en avant !

Il y a deux semaines je me suis donc embarque pour un trek de 11 jours au coeur du parc national de Stewart. 11 jours sans le moindre ravitaillement, il fallait donc devaliser le rayon pates deshydratees avant le depart ! Gros gros sac, mais heureusement que j allais partager ce "calvaire" vert avec deux francais rencontres au debut du voyage: Klervi et Aurelien, inconditionnels comme moi de ces longues randos en autonomie. Et comme Aurelien est un homme du Sud Est,... je pouvais pas faire sans emporter le petit plus, propice en region pluvieuse, j ai nomme... le Ricard ! Fallait voir notre allure avec les sacs remplis a craquer de bouffe, vetements pluie, rechaud a gaz, sac de couchage et toute l artillerie. De gros mastodontes ambulants a l attaque du circuit Nord Ouest de Stewart.

A peine parti, deja la pluie. D ailleurs Aurelien avait senti le coup et s etait decide a porter son beau maillot short a fleurs. Un vrai camouflage de jungle ! ET franchement on peut bien utiliser ce mot pour qualifier la vegetation folle de cette ile: des mousses abondantes aux fougeres a raz le sol. Des massifs Rimu (pins rouges) de taille gigantesque aux lianes pendant un peu partout. L univers de Tarzan pour sur ! Tellement dense que pluie ou soleil, meme combat: on evoluait dans un univers sombre et dense, cherchant a a eviter les pieges d un chemin tres mais alors TRES boueux et accidente. Ma surprise preferee, la racine "gamelle" ou la liane "croche-pied". Dans la foret le challenge consistait donc a jouer les apprentis funambules sur les racines afin d eviter de se noyer en cours de route. Grande victoire si dans la journee on se preservait de s embourber jusqu aux genoux ou plus. Hormis ces petits tracas, quel spectacle de couleur ces forets de l ile. Le vert OK donc mais aussi le jaune. La magie de Stewart c est de passer en 5 minutes d un paysage de bush, de boue, empetre dans les lianes sous la pluie, a une plage doree, deserte, bordee d immenses dunes sous un soleil eclatant. Les elements et les paysages changent en un clin d oeil sur ce petit bout de terre. parfois le genre de truc qui enerve: veste pluie a peine mise ca redevient plein soleil et inversemment.

A l image Imax on ajoute ensuite un son dolby surround THX qui tue ! Stewart c est l ile aux oiseaux: des petits cui-cuis des fantails et robins aux melodies harmonieuses des tuis et bellbirds jusqu au delire sonore du kakariki qui vous reveille un mort(un peu dans le style perruche), tout est magie. Mais bien sur l oiseau superstar de l ile, celui qui d un cri terrible vous fait bondir du lit au lever du jour, c est le kiwi. Le but de cette rando c etait certainement de voir a quoi ressemble cette sacre bete... ET ca s est fait attendre.... Les premies jours, rien de rien. Puis dans notre quete, le 6 eme jour on apercoit, oh bonheur, des traces de pattes dans le sable. Le lendemain dans la nuit noire, l effroyable cri de l animal. Et,... le 8eme jour, LE jour. D abord une ombre qui s echappe dans la vegetation. ensuite une cul de grosse poule tout aussi prompt a degarpir. Et enfin, alors que je m etais arrete pour un pause photo comme un vrai japonais, des bruissements de feuilles... Quelque chose bouge droit devant... Un monsieur kiwi croise le chemin. Tout mignon avec son gros cul, sa petite tete et son bec a n en plus finir. Un demarche pleine de pacifisme. Tiens, il est bizarre celui-ci avec sa fourrure beige/blanche. Le DOC officer m apprendra au retour que celui-la etait un kiwi albino tres rare et que je venais de lui apprendre qu une bete de ce type vivait sur l ile. Pas de doute cette rando sent bon l exploration. Le jour suivant c est 3 autres kiwis qui viendront nous serrer le bec, jusqu a nos pieds, pas inquiets pour un euro. Vraiment une rencontre unique avec la legende vivante du pays.

L autre legende de l ile c est... le chasseur ! Cet animal se deplace en meute de 7 ou 8, encombre les huttes d un bazarre a faire fuir le randonneur, se cuisine des plats a vous faire languir pendant que vous ingurgitez votre maigre ration. Et oui pas mal de chasseurs, ce qui offre des charmes inattendus, tel se laver les dents a cote d un daim ayant perdu sa tete et peu judicieusement suspendu pres de l evier. Hmmm et je raconte pas la scene de charcuterie ni la vue qui s en suivit: un cul de daim en vitrine a la fenetre de la chambre. Frais a vous donner envie de devenir vegetarien.

D autres images animales plus uniques: un dauphin longeant la cote dans la tempete, un pingouin en smoking titubant dans notre direction (il avait pique du Ricard ou quoi ?), un phoque prenant un bain de soleil et... euh... des sandflies venant faire gince de mon sang a moi.

La magie de Stewart a agi: je suis vraiment epate par ce trek. Dur, boueux, tres isole (on a croise pesonne sur le chemin en 10 jours de trek) mais que des bons moments. Quand chaque jour apporte sa petite surprise c est le bonheur assure.
Pour feter notre tour, Klervi et Aurelien sont venus manger a l auberge hier. On devait recuperer les calories perdues. Mission accomplie.

A plus tard.

Thursday, May 11, 2006

Depart pour l ile Stewart

Les 2 semaines qui viennent vont etre tres tres sauvage... En plein milieu du bush de l ile Steward, tout au Sud du pays. Ce petit bout de terre abrite une vie animale extraordinaire et c est le coin de Nouvelle-Zelande ou j ai le plus de chance de pouvoir apercevoir un kiwi. Faisons chauffer le barbecue ;-) Aussi le lieu ou j ai le moins de chance de tomber sur un ordinateur en vadrouille. A plus tard. Laurent.

Carte de la Nouvelle-Zelande

(cliquez sur l image pour l obtenir en plein resolution)

Afin de vous permettre de suivre plus facilement mon itineraire dans le pays, voici une carte assez detaillee ou vous situerez le lieu de mes aventures. Hope this helps.

Laurent.

Wednesday, May 10, 2006

Clin d oeil au Mont Cook

(La face Nord du Mont Cook depuis le bar de l hotel Hermitage)

Lundi et mardi j ai quitte Tekapo pour me rendre au Mont Cook village. Encore une nationale qui longe du MEGA paysage de plaines dorees gigantesques et desertes, bordees de collines et plongeant d un coup vers les eaux turquoises du lac Pukaki. A tomber sur le cul. C est a petite vitesse que je deguste la route menant au pied du presque irreel Mt Cook, semblant garder la porte des Alpes Neo-Zelandaise. Au detour d un chemin en gravier je jette un oeil sur le lac Tasman, tout droit cree par la fonte du plus grand glacier du pays. A en voir les immenses moraines laterales, c est qu il s est bien reduit depuis une centaine d annees le Tasman Glacier ! Au parking, petit picnic au soleil, moi meme bouffe par les sandflies.
Dans l apres midi je file revoir des lieux bien connus: le sentier menant au celebre hotel de l Hermitage, le plus celebre et luxueux de Nouvelle-Zelande. Pas loin et beaucoup moins chic la hutte du club d alpinisme dans laquelle j etais reste il y a trois ans. Rien a faire mais la vue sur les glaciers, sur les monts Sefton et Cook et tous ces paysages magnifiques m emporte litteralement dans un autre monde ou mon seul souhait serait de me retrouver tout la haut, petit rien du tout au sommet de ces forces de la nature.
Waouh en face de l Hermitage il y a maintenant une superbe statue de Ed Hillary (Neo-Zelandais et premier homme sur l Everest [faut il le preciser ?]), place la en souvenir de ses nombreuses ascensions dans ce parc. Il vint pour la premiere fois en 1939 ou il grimpa le Mt Ollivier. En 1947 et 1948 il atteindra par 2 fois le sommet du Cook tout en ouvrant la fameuse voie Sud. Bon entrainement pour son exploit a l Everest en 1953. En 1970 il realisera la grande traverse des 3 sommets, aboutissement et fin de carriere grandiose pour cet homme hors du commun.
Y a pas que Hillary qui est magique... le chocolat blanc aux amandes Galler recu de Belgique pour mon annif l est aussi !

Premieres gelees, faut se degeler !

(Savant equilibre entre liberte et purete: la Nouvelle-Zelande et ses sommets enneiges)


Ramenez le vin chaud les gars, ca caille ici. L hiver a pointe le bout de son nez pour la premiere fois cette nuit. Ce matin fait pas bien chaud et l auto est couverte de gel. Pas bien grave car qui dit gel dit aussi beau temps froid et sec avec generalement une super visibilite.
Et aujourd hui j ai certainement eu droit a un des plus fantastiques panoramas de montagne que j ai eu la chance d admirer. Au sommet du Mont Edward, en face de moi, vue sur toute la chaine des Alpes Neo-Zelandaises revetue de son manteau blanc. En plein centre et dominant largement ses compagnons, le Mont Cook (Aoraki en Maori) est reconnaissable au premier coup d oeil a ses 3 sommets en forme de tente canadienne. Dans la vallee, quelques 1500 metres en contrebas, les eaux turquoises du lac Tekapo semblent bouilloner au contact des rayons du soleil. Et ou que je pointe mon regard ce sont des etendues gigantesques, sans la moindre trace d activite humaine qui s affichent. Purete et liberte totale ! Pas etonnant que l universite du Canterburry ait installe ses telescopes sur la colline surplombant le petit village: les cieux du coin sont consideres les plus clairs du pays.
Ce point de vue du Mont Edward c est geant et ca se merite (les deux qualificatifs vont rarement l un sans l autre!). 4 heures de montee le long d une crete qui vous amene a 2000 metres comme dans un fauteuil. Seules les dernieres foulees sur une surface un peu verglacee doivent etre negociees en finesse, d un pas de chamois. L animal semble en effet apprecier la vue a en croire les nombreuses empreintes creusees dans la neige.

La magie du Canterburry

(Les plaines du Canterburry et ses belle biches. Ma biiicheuh !)

Waouh qu est ce que la meteo peut etre changeante dans ce pays ! Ce matin au reveil c est la grise mine pour le ciel et donc par consequent pour moi ! Et puis en moins d 1 heure on change completement la peinture du plafond et hop c est parti pour une belle journee. Ces variations meteos sont liees a la presence d un duo incontournable ou que l on soit en NZ, pays tout allonge: mer et montagne ne sont jamais tres loins et s amusent a nous prendre par surprise en jouant avec l humidite et les vents.
Pas mecontent de ce coup de soleil soudain car cette journee de vendredi est chargee en visites et paysages. Le matin c est le passage par le musee de Timaru qui est au programme. Expo interessante sur les nombreux oiseaux des regions antarctiques et pacifiques et qui, au hasard d une tempete, se retrouvent parfois a planner a la verticale de l ile du Sud de la NZ. Le deja impressionant fulmar est vraiment surclasse par l albatross royal, de taille dementielle. Un peu comme une mouette qui aurait passe sa vie au Mac Do. Ca doit bien faire dans les 30 kgs et les 2 metres d envergure cet engin ! Encore un peu plus grande, l autre machine volante, celle de l inventeur genial "Mad Pearse", dont tout laisse a penser qu elle preceda dans les airs l aeronef des freres Wright de quelques mois. Ca c est une sacree nouvelle: ce ne serait pas les americains mais bien un bricoleur neo-zelandais nomme Richard Pearse qui aurait ete le premier homme avec un avion aux fesses. Un monument a la memoire du premier crash aerien (!) lui est dedie pas loin de Temuka, en plein milieu des vastes plaines du canterburry.
Je reste dans l aviation en allant rendre visite au Timaru aeroclub. Bien accueilli comme a l habitude par Brian "the chief pilot". Ce monde de l aviation a tout pour plaire, semble t il, dans ce sacre pays: prix democratiques, simplicite des demarches (admin, exams), beaute des paysages, variete des emplois, pilotes accueillants,... juste l oppose de la Belgique.
Petit tour de la ville de Timaru, noeud routier et maritime important car idealement place entre Dunedin et Christchurch (les 2 plus grandes villes de l ile). Et bien je pensais voir une cite industrielle affreuse et pour finir elle a quand meme bien de l allure avec ses batiments de style art-deco colores.
Beau mais rien compare a la route entre Timaru et le lac Tekapo, la prochaine etape du voyage. On entre dans la region du Mackenzie, paysages de plaines dorees desquelles s echappent des sommets enneiges menant jusqu a ce fameux lac borde par "the church of the good shepard", une vieille chapelle en pierre tres picturesque. J ai passe ma journee a me trainer sur la route, sous le soleil et toutes fenetres ouvertes, a respirer du nez et des yeux le spectacle. Magic.

Le plat du jour

(Hmmmm le grand chic du jour)

C est bien connu le plat national neo-zelandais est... inconnu ! Finalement la cuisine locale est plutot un savant melange de cuisine etrangere, de saveurs importees par les migrant venus peuples ces iles. Alors ce soir j apporte "ma touche personelle". Je dirais meme plus: une recette digne de chez Septime et pouvant entrer dans les mets incontournables du guide Duchemin. Rien de plus fin que ce nouveau delice: chicken massala et... choux de Bruxelles ! et ouais les gars c est l hiver bientot ici et on a rien produit de mieux pour passer l hiver que le bon vieux choux de Bruxelles.
Autrement, au menu voyage de ce jeudi 4 mai c est 350 kms vers le sud et l entree dns la region du Canterburry. C est toujours un plaisir de rouler en NZ car ici point d autoroutes barbantes mais des nationales vraiment en etat nickel ou tout le monde roule a peu pres au 100 km/h max (de la moto au camion), ou les aires de repos sont nombreuses e les paysages sympas. Meme faire le plein a encore ce petit cote retro. Dans les bourgades les pompistes cumulent aussi les roles de bureau de poste et de superette. On vient vous servir a la pompe, on discute 2 minutes de tout et de rien, le sourire en prime.
L image du jour ce sont les grandes plaines vertes du canterburry Nord, ondulees ca et la par quelques collines usees par l erosion. Et puis une magnigfique falaise "cathedral cliff", dont les paroies sont taillees comme des tuyaux d orgue. Ca doit chanter au moindre coup de vent !

Solitaire en silence sans soucis (ou presque)

Quoi de plus beau que de se balader sur les hauteurs de kaikoura, en direction du mont Fyffe, observer les vertes etendues de la plaine menant a la peninsule et cela dans un silence de cathedrale.
Quoi de plus beau que de fouler un bush dense, ruisselant, colore d un vert intense ou seuls les regards des fantails croisent votre chemin.
Le plaisir de la Nouvelle-Zelande c est de se sentir en communion avec la nature, sans etre parasyte par la moindre presence humaine. Aujourd hui point la peine de gravir le sommet du mont Fyffe, etouffe par les nuages. Neanmoins ce mercredi fut une journee pleine de belles couleurs et de panoramas. Au retour de ma balade, apres avoir fait le gugus pour la photo sur le toit de ma Mazmobile, j ai fait un detour par le cybercafe du coin... J avais une petite reservation a faire pour passer le temps durant les longs mois d hiver. Un peu de chaleur, de paysages rouges et sauvages, de deserts a n en plus finir,... bref un peu d outback en Oz. Good mate ! De juillet a fin septembre je vais rendre visite aux cousins australiens ! Kangourous, koalas et dingos, me voila ! Ce voyage consistera en une traversee integrale du grand continent, du Nord au Sud, et ses quelques 6000 kms de paysages sauvages. C est que je vais devoir mettre en route un nouveau site pour partager avec vous cette aventure. No worries mate, have a Foster first !
Mais bon pour l instant revenons a nos moutons bien neo-zelandais. Encore bien des choses a voir a Kiwiland.

Wednesday, May 03, 2006

Kaikoura: the meeting place

(Peninsule de Kaikoura depuis le Mont Fyffe)

Rien de plus vrai que ce titre pour le fantastique village de Kaikoura. En bordure de Pacifique, c est ici que se rejoignent certains des elements les plus impressionants de ce bas monde.
Richesses geologiques tout d abord. Entoure par le "kaikoura mountain range", dont certains sommets enneiges depassent le cap des 2500 metres, il serait presque possible d enchainer ski alpin et ski nautique en une meme session de glisse free-ride ! Les sommets tombent ici a pic dans l ocean Pacifique. Au large, le relief est tout aussi fantastique: le Kaikoura canyon, une faille s enfoncant abruptement dans l ocean qui, combine a des courants oceaniques specifiques, profite a l epanouissement d une vie animale incroyable. Kaikoura est en effet le lieu de convergence des plus grands mamiferes marins de la planete tels les orcs, baleines, dauphins, phoques, ainsi qu une foule d oiseaux allant des petits oyster catchers aux immenses albatross. Rien que ca !

Cette richesse a bien sur ete exploitee depuis toujours. D abord par les Maoris dont l arrivee en ces lieux date d un bon millenaire. Ensuite par des Pakehas venus d Ecosse (Fyffe brothers) qui etablirent la premiere base de peche a la baleine vers 1840. Ce carnage continua jusqu en 1922, ou la boutique du fermer par manque de matiere premiere: on avait tue tout ce qui pouvait nager ! De nos jours les baleines sont encore chassees... par les photographes! En 1989 furent lances les premiers bateaux d observation de ces mamiferes marins. Ca allait changer completement la vie du village: Kaikoura venait d apparaitre sur la carte touristique.

Autre specificite, en language maori "Kai" signifie nourriture et "Koura" langouste. Et oui les eaux du coin sont egalement riches de ce crustace couteux qu on ne manque pas de deguster bien assis en terrase des nombreux restos de la rue principale.

Et puis la magie de ce coin c est aussi la puissance des gros rouleaux du Pacifique, l elegance des plages sauvages ou l on se promene au milieu des phoques endormis(*), la beaute des formations rocheuses modelees par le temps et les elements, ou encore ces troupeaux de moutons deambulants aux abords des eaux puissantes de la cote.
(*) Enfin les phoques... pas trop endormis quand meme. Dans l apres-midi, alors que je longeais la cote de la peninsule a pied, j ai atterri en plein milieu d un troupeau de phoques a l heure de la sieste. Et cette heure la c est sacree (pas que pour les phoques au passage...). Evidemment il y avait le tout gros qui s etait allonge entre la falaise et le gros rocher... pile poil ou je devais passer... evidemment ! Approche en couceur, ca passe... ca passe encore... ca passe toujours... mais d un coup le barbare se dresse sur ces nagoires, ouvre grande sa gueule avec des dents dignent de vendredi treize et me lance un grognement qui en dit long sur son mecontentement. ok ok j insiste pas mais tant pis t auras pas de susucre mon gros. Hop c est pour moi. Bonne journee.

Tuesday, May 02, 2006

10 ans et 9 ans... ca file comme un kart !

Rien a voir avec la Nouvelle-Zelande mais ce 1er mai 2006 ca fait 10 ans tout pile que je gagnais ma premiere grande course de kart avec Herve et Benoit: le grand-prix de Tournai. Comique de revoir ces images quand je roulais encore avec un bleu de travail. Ayant fait le meilleur tour en qualification, je me souviens m etre fait griller au depart par Laurent Magniez. Avec mes deux cousins on aura remis les pendules a l heure au fil des heures de course.
Et il y a 9 ans tout juste je doublais la mise cette fois avec herve en gagnant le 2eme Grand-Prix de Tournai dont l organistaion et les protagonistes a la victoire etaient encore plus costauds. Ca avait ete une lutte bien au dela du raisonable (pauvre kart !) avec Max Loridon (le pilote de Michel De Ruyter) et toute la troupe du kart club d Espierres. Rire aussi de voir le kamikaze "petit maurice" a l oeuvre. Eh eh des supers souvenirs. Une qui doit s en souvenir aussi c est miss Tournai qui s est fait bombarder de champagne sur le podium. Plein les yeux, on avait du faire fondre son maquillage !
Voila ca est revenu en tete hier et je voulais celebrer l anniversaire.

Monday, May 01, 2006

Echappee vers le Sud du voyageur fou

(Victoire, la licence de pilote en poche le voyage continue)

Debut avril, il y a un mois jour pour jour, j avais decide de lever le pied quelques semaines et de profiter du climat clement de la region du Marlborough pour effectuer mes premiers battements d ailes dans un paysage de reve. Delais respectes avec une precision atomique puisque ce 1er Mai (qui n est pas ferie en NZ), j ai finalement recu mes ailes neo-zelandaises (pas celles d un kiwi merci). Desormais, grace a cette belle licence de pilote prive, captain NZ est maintenant libre de reprendre son envol vers le Sud de l ile du Sud et ainsi conclure sa tournee d une ile aussi appelee "ile de Jade".
Un beau programme me menant bien au dela des roaring forties, les quarantiemes rugissants comme sont appeles les oceans sous ces latitudes. Apres 2 mois passes dans les regions de Nelson et du Marlborough, je vais quitter ces contrees par le Sud, longer le Pacifique jusqu a un premier stop a Kaikoura, LA capitale du mamifere marin. Apres m etre regale de quelques langoustes du coin, je vais plonger vers l interieur de l ile et rejoindre les Alpes neo-zelandaises dont le Mont Cook village, au pied du plus haut sommet d Australasie (3700 M), est un peu la version pacifique de Chamonix. La route me menera ensuite vers certaines des regions les plus sauvages du pays: L Otago et le Southland. Glenorchy, porte d entree du Fjordland National park offre un acces privilegie a des randonnes celebres telles la "caple and green stone" ou encore la "routeburn". Apres tous ces efforts je me detournerai vers Te Anau et le pays des Fjords. Ces lieux sont parmis les plus humides au monde avec des precipitations atteignant 6 metres d eau par an. Une poignee de kilometres plus au Sud je toucherai alors l extremite de l ile de jade a Invercargill. En face seule la petite ile Steward me separera de l Antarctique. Temps alors de remonter vers la belle region des Catlins et decouvrir la plus ecossaise des villes du bout du monde: Dunedin. Situee en bordure du Pacifique, la capitale de l Otago est un chaudron de vie universitaire. On y trouve un chateau et une distillerie of course Sir ! Dernier coup de volant jusque Christchurch et la peninsule de Banks dont l originalite est d avoir heberge une petite communaute francaise il y a 2 siecles. Saviez vous qu a quelques mois pres la Nouvelle-Zelande aurait pu devenir francophone ? Si non, alors j ai encore quelques petites histoires a vous raconter. Revenez de temps en temps !

Derniers potins de bistro avant depart !

(la Wigram Propeller... De quoi vous donner des ailes pour la suite du voyage !)

Cherche desesperement une creche sachant prendre soin de mes petits... bouquins et ordi. Et oui depuis les sueurs froides attrapees lors de ma derniere rando (persuade que le grand nettoyeur etait venu vider mon coffre!), cette fois j ai decide avant de partir pour un periple de 2 mois a travers l ile du Sud, de confier mes encombrants a une personne de confiance. Et c est la famille Greven (mes ex-employeurs) qui a la gentillesse d accueillir tout ca. Merci a eux.
Samedi fut la journee des bonnes et moins bonnes surprises. Depuis quelques jours je n arrive plus a mettre la main sur des photos du Japon. En grand enqueteur je continue mon investigation et ce matin j ai le grand sourire en entendant de Paul (le patron de l auberge precedente) qu un paquet de photos m attend chez lui. Oh joie... oh desespoir... en arrivant chez lui c est la douche froide en constatant que ce sont pas les miennes. Djuuuu ! Adieu mes beaux gros plans de Sumos au stadium de Tokyo... L espoir d un jour retrouver ces images est presque mort.
La petite lumiere de la journee c est que vous etes maintenant autorise a m appeler captain New-Zealand... restons modeste. J ai enfin recu ma belle license et meme une belle pochette a dorures pour l accueillir. Efficace et bon marche l administration de l aeronautique en Nouvelle-Zelande. Ca me change des lumieres de l admin belge. Non seulement ca a coute 4 fois moins cher qu en Belgique mais en plus ce permis est valable a vie.
Dimanche 14h... Le grand retour de la decouverte: je reprends le rythme du voyageur. Enfin!