Thursday, March 30, 2006

Quand les kaaskop se cassent...

(Le commandant fromage en difficulte dans la Ligar Bay)

Dans un article precedent j avais dit 2 mots sur Abel Tasman, l explorateur hollandais venu jetter l ancre en 1642 au large de ces terres et qui avait decide de les appeller en l honneur d une province de Hollande. Joli mais l histoire est un brin moins joyeuse. Coup de machine a remonter le temps !

Le commandant fromage, pourvu de 2 bateaux (le Zeehaen et l Hemskerk) et de 110 matelos, est charge en 1642 d aller trouver l introuvable, c-a-d le fameux continent inconnu de l hemisphere Sud auquel les Europeens croient dur comme fer. Alors en poste en Indonesie, Tasman embarque en Aout pour un long periple le menant d abord a l ile Maurice pour ensuite filer plein Est pendant de longues semaines de mer. Plutot fructueuses ! Apres la decouverte de l ile au Sud de l Australie qui heritera plus tard d un nom en son honneur (Tasmanie), Abel apercoit dans la proue de son navire des fumees emanant d un terre inconnue ! Le dernier continent se dit-il ! Pain beni pour le commandant fromage que de constater qu il y a activite humaine. L idee de nouer des liens avec ce peuple et de leur vendre un peu de gouda ne tarde pas a lui venir a l esprit. Il amarre ses navires dans la Ligar Bay et tente de prendre contact. Et contact il y eut... Les maoris se sentant probablement menaces envoient un de leurs canoes de combat charger l ennemi. 4 marins hollandais en feront les frais. Abel constatant les degats remis le fromage dans son bec et leva l ancre bien vite en nommant cet endroit "murderer s bay". Ce n est que 2 siecles plus tard que cet endroit fut renomme Golden Bay.

Wednesday, March 29, 2006

La baie aux "trois-or"

(L or bleu, le deuxieme or de la region)

- "Mon seigneur, il est l or, l or de se reveiller,..., il est trois or...".
- "Il en manque une !!!"

Ah ah sacre de Funes. Et bien dans la golden bay, l extremite Nord de l ile du Sud, c est la region des trois or.

-"Vous etes sor ?"
-"Tout a fait sor!"
-"Ca alors !"

3 mines d or a ciel ouvert: l or jaune, l or bleu et l or blanc. Explication...

En 1854, a Aorere fut decouvert le plus grand gisement de metal precieux de la region. La folie des grandeurs s empara du coin avec des techniques toujours + sophistiquees pour un rendement toujours + grand. Pour permettre l extraction plus aisee des blocs de pierre bloquant l acces au sol gorge d or, on avait besoin d eau, beaucoup d eau et le clan Campbell (un petit gout d Ecosse) alla jusqu a construire un immense pipeline permettant l irrigation de tous les goldfields du coin. Par la suite, apres la disparition de l or jaune vers 1860, ce pipeline ou water race pour utiliser le terme correct, fut recycle en centrale hydro electrique.

L or bleu n a pas tant attire les convoitises mais reste neanmoins une tres grande richesse pour la region. A 5 kms au Nord ouest de Takaka jaillissent les pupu springs, les sources d eau douce les plus importantes d Australasie, deversant au rythme de 14 m cube a la seconde une eau dite la plus pure au monde apres celle du Ross ice shelf en Antartique. Cet environnement grouille evidemment de vie animale averc des anguilles, escargots d eau douce et ecrevisses.

Enfin la troisieme source de richesse de la Golden bay, l or blanc, c est le marbre. Specialement autour de la colline de Takaka ou l on retrouve plusieurs carrieres.

A tout a l or !

3 jours au coeur de la Golden Bay

(Chtit mouton dominant la Golden Bay)

La golden bay est une des regions les plus ensoleillee du pays alors vous imaginez bien que j allais les deguster ces 3 journees.

Le dimanche fut assez instructif. J ai entame ma remontee vers le Nord de la region de Nelson avec une premiere etape a Keteriteri, le grand point de depart des kayaks pour le parc Abel Tasman. Le little shag sur son rocher devait observer d un air moqueur tous ces touristes pingouins dans leur petite barquette jaune. Apres une longue montee jusqu au sommet de Takaka hill et sa vue panoramique sur la Tasman Bay, je me suis enfonce dans les profondeurs de la terre. Les Ngarua caves ou l on a notamment retrouve des os de moas, ces grands oiseaux maintenant disparus. Le coin est aussi celebre pour ses carrieres de marbre. Apres une derniere paire de kms, arrivee a destination de Takaka. Sympa ce petit town artistique avec ses galleries et craft shops. Petit lunch au Wholemeal cafe. Rempli de peintures et affiches d art, sur un air de jazz, le cafe prpose des delicieux plats home made. Il parait que ce lieu est une institution dans le coin. Le long de la rue principale, le golden bay museum avec sa petite retrospective sur l arrivee mouvementee d Abel Tasman dans les parages en 1642 (voir article "les kasskop se cassent"). Par la suite les evenements furent plus heureux. L or mais aussi les sources d eau naturelle et le marbre contribuerent au succes de la region (voir article "la baie aux trois-or"). De nos jours l Abel Tasman national park drainent les nombreux touristes mais egalement... les baleines pilotes ! 123 cetaces se sont echoues en decembre 2005 sur le littoral. Grace aux volontaires, 116 ont pu etre sauvees. Et vous savez pourquoi les baleines arrivent ici ? Selon une legende maori, il etait une fois il y a tres tres longtemps une dispute entre les pipis et les kukus (respectivement les coquillages et les moules n est ce pas). Les pipis ont fini par gagner la bataille et a prendre le controle des plages du coin. Les baleines ont alors entendu la nouvelle et comme elles avaient grand faim et qu elles aimaient bien les pipis, elles se sont precipitees... un peu trop vite et se sont echouees. Voila qui explique l echouage des baleines dans le coin (mieux que hypothese, these, demonstration comme a l ecole !). Dans l apres mide chouette balade barefoot sur la plage de Pohara et check in au Annie s lodge ! Ici on fait meme a manger pour moi avec du poisson peche un peu plus loin dans la baie.

Pff ke lundi... De l eau de l eau, encore de l eau, a plus soif ! En plus d une journee pluvieuse, je mets le cap sur les Wainui falls, chutes d eau importantes dans le coin et lieu propice a la peche comme demontre par cet americain qui nous embarque une truite de bien 2 kilos en 2 lances de moulinets. Apres une lasagne digne de la maison au Wholemeal cafe, j etanche ma soif aux pupu springs, delivrant l eau la plus pure du monde (enfin depuis que j y ai pisse c est peut etre plus vrai... Mais non c est pour rire gamin!). Vu la meteo, a part se transformer en poisson il reste vraiment plus qu a se poser dans un top notch hostel. Ca s appelle l Inn-let, c est paume dans le bush entre Collingwood et le cap Farewell, mais je lui accorde sans hesiter 3 etoiles au guide Duchemin. Typique maison en bois de plein pied entouree de son preau et de sa terrasse, avec un jardin luxuriant et le son melodieux de sa riviere en contre-bas. Dans la piece centrale on lit on discute ou on boit un coup de the pres du poele en fonte. Et le soir on se tape un gros dodo dans un bon vieux lit a ressorts. Allez c est tellement bien que je remets une nuit demain soir. Si si c est ma tournee.

Weight Watcher... oui bon on connait mais moi ce mardi pour perdre mes nombreux kilos en trop j ai un peu fait dans le principe de la gaine. Ouais le genre de truc pour transpirer comme un boeuf. Prenez un T-shirt a longues manches, une veste Gore-tex, un pantalon noir etanche, des grosses pompes de marche et partez en rando, fully equiped pour affronter la pluie. Enfin apres 10 minutes d ascension, constatez qu il ne pleut pas mais que c est des gouttes de sueur qui innondent l equipement de l interieur... car le mauvais temps a fait place au beau grand soleil ! Didjuu va ! Pour le reste, la journee geniale. D abord tout excite de prendre en photo un beau phare, je trotte a bonne allure jusqu a apercevoir... un girophare pose sur un piquet. Bon c etait donc ca la lighthouse indique sur la carte... No photo ! Mais par la suite, que des bonnes surprises. Je suis ici au bout de l ile du Sud avec en face le Farewell spit, une langue de sable de 27 kms venant chapeauter l ile de Jade et reserve naturelle tres importante sur le trajet migratoire des oiseaux. Ce matin, a maree haute, ce sont des troupeux de cygnes noirs qui baignent dans ces eaux. Un peu plus tard je m approche du cap Farewell et ses vagues impressionantes surgissant de la mer de Tasmanie et se brisant avec fracas sur des falaises vertigineuses . Enfin ce chemin suspendu a la falaise rejoint la fantastique plage de Wharariki. Une anse de sable gris, large et profonde, entouree de petites falaises gris-jaune virant ocre, "chevelues" de dense vegetation. En face au milieu des flots 2 immenses rochers, perces d arches et de caves, donnent a l ensemble une allure de baie aux pirates et on dit que Barbe Bleue ne devrait pas tarder a surgir. Sur la droite les gardiens du temple de sable... Des phoques, des dizaines de phoques se dorant au soleil sur les rochers et gardant l oeil sur les petits jeunes occupes a surfer ces vagues puissantes deversant leurs embruns sur le littoral, dans un vrombissement digne de Francorchamps. Au milieu des phoques, cygnes, oystercatchers et autre shags, on materialise alors la formidable richesse de ce pays.

Saturday, March 25, 2006

Mise au vert a Kahurangi

(Kahurangi: moi je vais a droite !)

Apres une semaine de civilisation a Picton et Nelson, j ai decide de me remettre au vert en retournant dans des contrees sauvages et intactes. A une heure en voiture de Nelson s est enracine une petite ville nommee Motueka, tres celebre pour ses pommes. C est aussi ici que se trouve la porte d entree du 2eme plus grand parc national de Nouvelle-Zelande: le Kahurangi. On y trouve des richesses geologiques, vegetales et animales. En effet ce parc peut se vanter d avoir parmi les plus vieilles formations rocheuses du pays, avec des fossiles estimes a 500 millions d annees, epoque a laquelle la NZ faisait encore partie d un immense continent appelle Gondwana. Le Kahurangi c est aussi un regroupement de pres de 50 pourcents des vegetaux du pays ainsi que d especes uniques a ce parc. Au travers cette vegetation dense et en ouvrant bien les yeux on peut avoir la chance d apercevoir une foule d oiseaux, parfois rare comme les kakapos, des gros perroquets si gros qu ils sont incapables de voler, ou des kiwis. A porte de main on a souvent un fantail, un robin ou un riffleman ouvrant le chemin. Ils s interessent aux randonneurs qui avec leurs grosses pattes deterrent les vers ou font fuir les insectes. Pour eux le repas est servi. Apres une sacree piste en gravier rejoignant le parking au sommet de la Graham valley, on laisse la mecanique refroidir et on fait par contre chauffer les boots pour une belle balade dans la foret"barbe a papa". La mousse s y aggrippe partout. A force j ai meme l impression qu elle prend racine sur moi. Allez la fini de trainer, je monte jusqu a la cabane Arthur pour une tentative d ascension du sommet du meme nom point a 1800 m. Mais bardaf c est l embardee, voila que Manneken Pis se soulage d une envie pressante sur la NZ. Ca pleut didjuu. On abandonne cette pourtant bonne idee et c est la que, en redescendant dans la vallee, j apercois un OVNI. Et pourant rien, meme pas une goutte de perniflard, ej vous el jure msieur el commisaire ! Devant moi, un oiseau volant nom identifie. Ses yeux jaunes grand-ouverts me fixent. C est etrange j ai le sentiment qu il s interesse a moi, qu il s interroge sur cette drole de bete qu il a en face de lui. Il suffit que je cache ma tete derriere un arbre pour qu il commence a me chercher du regard. On restera ainsi pendant bien 5 minutes comme si une complicite s installait. Vraiment une rencontre incroyable entre l homme et l oiseau. Je suis sur qu il a reconnu en moi le pilote emerite... En plus de toutes ces richesses naturelles, on sent encore dans cette vallee la sueur des aventuriers, des chercheurs d or qui y vivaient dans des conditions difficiles a la recherche des precieuses pepites. C etait dans les annees 1870 et la region regorge encore de mines le long des multiples rivieres. Ce soir je me pose dans un endroit magique, un endroit nomme Gridiron upper shelter. Une cabane toute simple surplombant la vallee et adossee a une paroi rocheuse. Il y a 3 couchettes dans la demeure et sur la "terrasse" un emplacement pour le feu aupres duquel se trouve un formidable fauteuil a bascule. C est a la lueur des braises que je vous ecris ces quelques mots sentant bon le feu de bois. Et ce soir j ai la compagnie d un robin temeraire qui me suit depuis tout a l heure. Pour grapiller quelques miettes et se bronzer pres des flammes probablement.

Apres cette tres bonne soiree, place a une journee bien remplie. C est que j ai sous estime la longueur du trajet et pour en remettre une couche j ai "un de ces quoi" qui deconne a la cheville gauche. Voila qu il m a fallu 10 heures pour couvrir l etape passant par le Cobb reservoir en direction du lac Peel, de Tableland pour finalement m allonger dans le tres basique Spludgeons rock shelter. Pendant toute la journee je me suis senti, "a l insu de mon plein gre" comme un Richard Virenque dans l ascension du Mont Ventoux ! C est que moi aussi dans la grande boucle autour du mont Arthur j ai mes fans... des fantails, ces petits oiseaux a la queue en eventail qui arretent pas de tournoyer autour de moi. En tout cas le maillot a poix c est pas pour moi aujourd hui ! Je me traine ! Passage par le starvation ridge nomme en memoire de ces futur-ex Picsou qui ne trouverent que tres peu d or et de nourriture dans le coin. Se rendant compte de la mauvaise affaire, ils sont vite aller voir ailleurs mais certaines de leurs huttes ont ete reprises et modernisees par le DOC, le grand organisme en charge de la conservation des ressources naturelles de la NZ. Il fait vraiment un beau boulot ce DOC avec pas moins de 70 huttes rien que dans ce parc. Ce soir je me reserve le dernier matelas de cette loge de 5 personnes. 2 americaines ont tente de nous ramener des truites de la riviere. Peine perdue ce sera macaroni thon.

"Et bien msieur c est votre jour alors je vous en mets 8 pour le prix de 4". Une troisieme journee longeant la riviere Leslie reconnue pour ses truites brunes. Je me suis fait pieger par une bricole de carte et cette journee qui devait etre facile et de bon augure pour ma cheville... aura ete une horreur totale ! J avais prevu 4 heures et un relief tranquille...et bien c est 1000 metres de denivele et 8 heures que je me suis pris. Rien d affolant quand un sentier existe mais ici point de sentier il y avait! Le commentaire rajoute sur le panneau en debut de montee annoncait le programme: horror track. Il a fallu se frayer un chemin entre les gros rochers, la vegetation dense, les patinoires de racines et de feuilles humides, les passages boueux jusqu au genou. Et en arrivant au sommet du Baton saddle, delivrance ? Pfff encore pire. Toute la descente a travers des plantes masquant completement le sol et qui vous piquent comme des aiguilles. Pente a 45 degres, sol humide et glissades assurees. Berdaf je me retale en grand dans les epines. Plus loin les petits torrents ont creuse dans le sol des saignees rendues invisibles ou presque... Un beau parcours du combattant. Au moins la hutte Flanagans en bout de vallee est geniale. Mise en route du feu, passage par la riviere pour constituer le stock d eau de la soiree, et puis le temps de prendre un cafe et je retourne dans le grand Nord en compagnie des ours et du bouquin de Jean-Louis Etienne. Finalement pas que du negatif: bonne hutte, plein a manger et une journee ou j ai vu un gros pigeon neo-zelandais.

A force de lire des histoires de trappeurs du Spitzberg vivant de chasse et de peche en bordure de la banquise, ce matin je me suis decide a passer cette journee du jeudi au milieu de cette grande nature, a prendre le soleil, observer l environement grandiose et a laisser reposer la cheville en vue de la suite. C est incroyable comment le temps passe autrement quand tout le luxe n est pas mis a disposition comme dans nos societes modernes. Allez jusqu a la riviere et ensuite faire bouillir l eau pour avoir qqch de potable a boire. Allez dans la foret tracter quelques grosses branches, les scier pour ensuite demarrer le feu pour un peu de chaleur. J avais meme l envie d une bonne truite grillee mais ca aurait ete trop beau: rien a pecher dans cette riviere. Bref une journee de mise au vert a 1000 lieues de toute presence humaine (rien dans les 12 kms). Ce soir j ai des visiteurs: 1 neo-zelandais et 2 anglais montes de la vallee. Je finis la soiree en commencant le 2 eme livre de ce voyage. Je passe de l Arctique a la haute montagne: premier de cordee de Frison-Roche, un grand classique.
Vendredi, une journee bien mouvementee avec un brin de debrouille. Apres ma journee off de la veille et toute cette energie mise de cote j ai mis mes bottes de 7 lieues ce matin pour voler de la hutte flanagans jusqu au pied de la Baton Valley. Le plus comique de cette etape tres technique: les traversees de riviere. Comme mes pompes de rando me servent pour aller aussi bien au supermarche qu au sommet des aretes rocheuses, j avais pas envie de les innonder. Chausser, dechausser, rechausser, de, re, de,... J ai affute la technique ! Et je vous dis pas comment ca caille l eau de riviere par ici. Arrive a la baton road, j ai alors un choix crucial a faire: soit reprendre le chemin de rando en direction de Nord avec un tres gros denivele pour atteindre le sommet du Mt Arthur, passer la nuit la haut et redescendre chercher la voiture le lendemain. Soit... faire du stop pendant 40 kms et retrouver ma Nazda qui me manque beaucoup. Alors que j etais occupe a reflechir, 2 fieux dans un vieux 4x4 tout pourri me propose de me deposer au croisement. OK Marcel, ca roule ! Je pose mon sac dans le coffre (sur la tronconneuse) et nous voila parti. "Tu veux une pinte?" Voila qu il sort une canette toute fraiche ! Apres avoir roule 500 m, le pilote, l air inquiet, fait demi-tour vers sa hutte et me dit: "on aura pas assez de pintes pour la route! Attends, j arrive." Apres une deuxieme pinte les 2 gars bien sympas me deposent au carrefour... oui mais euh... pas celui que je pensais... Enfin faut pas etre trop regardant... plus que 25 kms jusqu au parking. Apres 1 heure de marche sur cette route deserte, je me fais embarquer par un autre gars jusqu au bas de la route montant a destination. Plus que 14 kms de montee et j y suis. 1 heure de marche plus tard voila 2 anglais qui arrivent plein tube sur cete route en gravier. "Monte dans le coffre, pousse le brole qui te derange et on y va!" Me voila maintenant dans une position acrobatique pose sur un tas de sac dans le coffre d une antique Ford Sierra break. la poussiere rentre de tous les cotes, la pente s accoit, le moteur chauffe et puis... CLAC ! Aaah beinh c est casse. On tombe en rade a 3 kms du parking. C est que ca aurait ete plus malin si le moteur avait eu un filtre a air... 1 heure de marche et enfin je retrouve titine bien sage pour me redescendre vers la civilisation. L histoire se finit bien pour les 2 anglais: on a trouve un fermier qui s est fait une joie d aller leur donner un coup de main. Et en discutant avec ce gars, apres lui avoir parle de mon sejour en ecosse, il appelle son fils qui se ramene avec une corne muse et me joue en plein milieu des montagnes neo-zelandaises un air ecossais. Moment completement farfelu mais tellement comique ! Retour a Motueka en debut de soiree.

Un bon gros plat de moules...

(les green mussels de Havelock)

Avec plein de legumes ! Ca vous dit ? Allez les gars on prend la voiture et en une heure on est a la mer, et c est moi qui vous invite ! Ah ca me rappelle un peu Poelvoorde dans "c est arrive pres de chez vous". Aujourd hui Samedi, c est arrive pres de chez moi ! J ai lime le bitume reliant Nelson a Havelock au volant de ma Nazda 323. Et il etait pas question de tomber en panne et de manquer l immanquable, une fete populaire perpetuant la grande tradition du monde rural encore bien present dans ce pays. Ces fetes de village c est mon peche mignon: de la descente de la Leffe d Obigies (Belgique), aux Higlands games de Braemar (Ecosse) en passant par la feria d Almerilla (Espagne), toutes m ont enchantees. Cette fois je me rejouis d etre au Havelock green mussels festival 2006. Faites chauffer les casseroles j arrive ! Une immense prairie coupee raz, des ruelles de petites tentes proposant denrees, biblos, et T-shirt en tout genre. Un chapiteau central garde par quelques pompes a biere et puis des grandes marmittes a gauche a droite ou vous vous goinfrer de green mussels recette grand-mere. Il y a meme des frites au cas ou ca manquerait a l unique belge au milieu de cette deferlante d agriculteurs et d aquaculteurs. Apres une paire de Monteiths (pas mauvaise la bibine) je me suis laisse aller a danser avec une moule geante au rythme de la xeme reincarnation d Abba en plein delire sur scene. Memere a cote frappait des mains... Magnifique de beaute aussi le look des locaux. C est que la ruee vers l or ca a existe dans le coin et l esprit Far West (ou Far East dans le cas de ce pays) a perdure avec ces messieurs portant encore fierement leur chapeau de mussel-boy (une moule sauvage ca se chevauche comme un pur-sang!). Quelques sauvignons blancs plus tard on tente sa chance au jeu de la Lucky Mussel. Vous gagnez votre poids en crustace si vous decrochez la bonne. Une derniere demi-douzaine pour la route (les meilleures celles du stand Hairy Mussels, j invente rien!) et il est temps de prendre les commandes d un helico. Je blague pas j ai pour la premiere fois mis les pieds dans un bel Eurocopter. Vraiment un beau point de vue sur le Pelorus Sound. Retour au stand pour assister a une tentative unique pour figurer au Guiness book des records: ouvrir 100 moules en moins de 3 minutes 4 secondes. A battre et... et... la temperature monte... le stress grimpe... et... c est loupe! Bien essaye quand meme. Une bien belle journee au pays de la moule.

Saturday, March 18, 2006

3... 2........ 3 ! Partez !


Tiens, ca va vous faire rire mais ce vendredi, vers 11 heures, j ai rencontre une mignonne petite japonaise de 20 ans, au teint pale (virant jaune bien sur...) et charmante avec ses legeres petites taches de rousseur. Comme elle avait peu de kilometres au compteur et bien on a decide de faire un bout de route ensemble jusqu a une eventuelle rupture... Enfin on est jamais a l abris d un probleme style... joint de culasse, boite ou piston !
Et oui, apres un compte en banque, un telephone, je conclue cette premiere trilogie par l achat d une belle brouette. Et quel achat ! Mazda 323 Familia 1500 cc, blanche un peu jaunie, millesime 1986 (grand cru classe), et full options = direction assistee, climatisation, boite manuelle (tres tres rare par ici!). Le tout seulement 136 000 kms (qu il est marque...) et qui aurait appartenu a une old lady dixit le vendeur. Voila pourquoi l embrayage est fatigue... Mais je m en mefie de ces requins de la vente, ils vendraient leur mere. Maintenant c est vrai que la voiture est propre et d un temps ou l electronique n avait pas encore fait son apparition sur terre, d ou l avantage de pouvoir reparer a l ancienne, au marteau ou a la cale de bois.
Il faut savoir que l Univers automobile en NZ est completement different. Une voiture de 10 ans et 150 000 kms est "brand new" pour un neo-zelandais. Et oui car ici 90 pourcent des autos sont asiatiques et la plupart importees en seconde main du Japon. Elles vivent heureuse leur deuxieme vie sous ces lattitudes pendant encore de nombreuses annees. Se nourissant de petrol unleaded 91 ou 95 (le 98 ca sera pour bien plus tard) assez bon marche (0.82 euros le litre). Autre difference, la facilite des formalites. Les plaques restent liees a la voiture et il suffit de remplir un petit formulaire d enregistrement pour etre officiellement le nouveau proprio. L assurance ? Une option par ici ! S assurer n est pas obligatoire mais vivement conseille. Bon franchement pour le prix derisoire de 30 euros par an j ai obtenu une RC chez AA, le principal assureur de NZ. Faudrait etre fou pour faire le radin. Enfin je me suis laisse aller a prendre l assistance technique, style touring secours. C est qu avec une machine de cet age, mieux vaut etre prudent. Et tous ces tracas etaient regles en 30 minutes. Vite, tres vite.
Bien content d avoir conclu ! Fini de courir apres des bus, par ailleurs tres chers, meme pendant les vacances. Et puis surtout ce beau char (J aime bien cette expression quebecoise) m offre un super espace de stockage. Fini de tout emmener sur mon dos en rando. Tout le brole inutile restera dans le coffre !
Mercredi matin j ai quitte Picton pour Nelson, une centaine de kilometres a l ouest, notamment pour l achat d une 'tuture, mais aussi parce que cette ville, la deuxieme de l ile du Sud apres Christchurch, tient une position strategique a egal distance de 3 parcs nationaux. Il y a beaucoup beaucoup de choses a faire dans le coin. Des activites de plein air mais aussi des festivals. Tiens, d ailleurs pas plus tard que demain je vais me rendre a Havelock, petit village pres d ici, pour l "International mussels festival 2006". Ca doit certainement etre retransmis en mondovision un tel event. Si jamais il y a un grand chapiteau et des pompes a biere je vous fais signe.
A Nelson il y a aussi le Founders heritage park. Finalement un peu dans le style du fameux musee d Art-Chitecture de Meiji-Mura au Japon. Bon ok, en bien plus petit on a reconstruit les batiments en bois de l epoque des premiers colons du 19eme siecle. On y voit aussi un avion, un Bristol MK31 ayant assure les liaisons Nelson-Wellington pendant 30 ans. Et last but not least une micro brasserie organique ou j ai goute la "generation", puire malt + nuts. Pas aussi doux qu une Faro...
Bon je vous laisse, je vais acheter un bibron pour la petite nouvelle: 1 litre d huile Castrol !

Relaxation a Picton


Apres des images et des emotions plein la tete des derniers jours, 36 heures de repit dans le charmant town de Picton. La vie de cette ville, porte d entree de l ile du Sud, est rythmee par l arrivee et le depart des ferrys provenant de l ile du Nord (aussi appellee Ile fumante a cause de ses volcans). Ici la vie coule paisiblement. Beaucoup d activites sportives a portee de main mais souvent assez cheres... Les plus plaisantes sont randos , VTT, kayaks. La region se vante egalement... tenez vous bien... d avoir les meilleures moules au monde: les green mussels. Une moule de taille XXL qui se vend d ailleurs souvent a la piece et pas au kilo. Voila encore une bonne raison pour Abel Tasman, l explorateur Hollandais, d avoir appelle cette contree la Nouvelle-Zelande. Et, mais il etait malin le gars !
A defaut de decouvrir des terres nouvelles, je viens de trouver une chouette auberge de jeunesse, tranquille, peu de monde (10 personnes max), chouette jardin... pour deguster un bien goutu sauvignon blanc du pays. Et oui, en plus des moules, dans les 50 kms aux alentours de Picton on retrouve quelques un des meilleurs vignobles de Nouvelle-Zelande. Pourquoi ? Car cette region est la plus ensoleillee et le soleil c est bon pour les fruits et bon pour la vie. Fait soif aussi... Allez sante. Cheers!

Friday, March 17, 2006

"Au debut, on part faire un voyage...

... et finalement, c est le voyage qui nous fait."

(Jean-Louis Etienne, medecin et explorateur polaire, tire de la complainte de l ours, tres bon bouquin que je devore ces temps-ci)

Tuesday, March 14, 2006

Terre en vue !

(Marlborough sounds depuis le mont Stroke )

Voici le recit de ma randonnee de 5 jours dans le Nord de l ile du Sud, quelque part dans une region nommee Marlborough.

Randonner le long du Queen charlotte sound c est un peu comme prendre la machine a remonter le temps et se retrouver a la fin de l epoque des grands navigateurs, a la recherche de terres nouvelles. C est en effet ici que la Nouvelle-Zelande post Maori va prendre son envol avec la decouverte en 1642 de ces terres lointaines par un Rrrollandais bien de chez nous appelles Abel Tasman. Ce petit monsieur passera 5 jours a tirer des bords dans ce labyrinthe d iles, de baies et de criques ( bellevue !) et laissera une trace indelebile de son passage en donnant a cette contree le nom d une region de Hollande: la Nouvelle-Zelande.
Il faudra attendre 1770, 100 ans plus tard pour que le celebre explorateur anglais James Cook vienne a son tour mouiller dans ces eaux. Et cet endroit lui plaira tellement qu il y reviendra a 5 reprises et le nommera Queen Charlotte sound en l honneur du roi Georges 3. La trace de Cook est encore bien visible: une majorite des criques et baies du coin sonnent bon le nom de ses bateaux tels Ship Cove, Resolution Bay, Endeavour Inlet,... Des endroits enchanteurs ou ses voiliers d exploration se sont un jour ancres.

1 heure de marche apres mon depart je vais deja moi meme affaler les voiles et me poser dans un camping rudimentaire longeant Resolution Bay. Peu de confort mais l endroit est magique: je foule les traces des aventuriers et des premiers migrants venus s installer ici vers 1850. A l ombre des feuilles vert-fluos d un arbre, ma tente offre une vue sur les eaux turquoises de la baie. Juste le temps de faire crepiter le flamme de mon nouveau rechaud, une bonne soupe, une croute de pain et puis une sieste pour se rememorer cette premiere heure de marche deja bien riche. Physiquement peu difficile, cette rando offre une nature a l etat sauvage sur un plateau d argent. J ai vu mon premier Weka, a mi chemin entre une poule et un kiwi, c est l un de ces oiseaux ne sachant pas voler que l on retrouve exclusivement en nouvelle-zelande. Peu farouche, il rode autour de ma tente, essayant de me prendre un petit peu de bouffe. C est que j ai du l attirer avec le festin de ce soir: brocolis frais, lard grill et riz aux epices. Le grand luxe que de se cuisiner du frais, sous un ciel etoile et eclaire par le rayon de ma torche. Par contre quel carnage pour la vaiselle a l eau froide. Aah c est bien gras du lard ! Super bon mais plus jamais !

A 07h du matin, ici c est pas le coq qui s occupe du reveil mais le weka. Elle doit avoir faim la bete et ce bon cri a pas un metre de la tente ca vous degomme du sac de couchage. Il doit aussi avoir reveille ses potes les fantails et autres bush robins, sortes de petits moineaux qui s y mettent pour un concert live. Magnifique. Au dej j en profite pour gouter du miel Neo-Zelandais. Ils sont tres fort la dedans les Kiwis et en effet je deguste. 08h35 je suis ready pour les 25 kilometres de balade cotiere. Un peu les montagnes russes avec ce sac de 17 kg sur le dos. Lourd mais ca m offre le luxe de l autonomie. Sur la route pas mal de Rimu, des arbres autrefois courant mais qu on retrouve desormais peu suite a l usage abusif qui en fut fait. Arrivee a destination 6h plus tard. Juste le temps de mettre la tente et il commence a pleuvoir. J ai toujours eu des doutes sur l etancheite de celle-ci et au moment ou je vous ecris je vais pas tarder a avoir la reponse... Ca pisse sec.

Et pourtant ce sacre hotel de toile sous les etoiles tiendra la coup. Teste et approuve. Matin du 3eme jour et reveil boueux. La tente est encore trempee et ca annonce un beau carnage de crasse un peu partout dans le sac en la repliant. Et puis finalement changement de plan: Aurelien et Klervie, 2 francais rencontres au premier camping, viennent me proposer de grimper le mont Stroke, le plus haut sommet du coin a 5 minutes en Van d ici (ca fait 6 mois qu ils vivent la dedans, tres a la mode ici). Nous voila donc entrain d escalader ce sommet de 1203 metres. Traversee d une foret digne de Lord of The Ring avec des plantes grimpantes et mousses florescentes s aggripant a tout ce qu elles peuvent. On monte a la vitesse TGV et au sommet c est le panorama absolu sur les Marlborough Sounds, toile d araignee d ilots et de bras de terre au milieu du detroit de Cook, reliant mer de Tasmanie et ocean Pacifique. Allez, pour feter cette ascencion je declare que le bar est ouvert. On lance le rechaud pour un the bien chaud. Retour au camping vers 15h00, histoire de voir que les wekas, ces grosses poules qui vont pas tarder a se retrouver sur le bbq, ont tire a la Kalachnikov avec leur bec dans le sac en plastique contenant mes fringues. Pas trop de degats mais si j avais laisse le sac ouvert j aurais pu faire appel a Jacques Pradel pour retrouver mes calecons !

Un dimanche qui demarre sur les chapeaux de roue ! J ai du manger du lion au petit dej car je devore les 23 kms de la journee en 5h15, soit presque 3 heures en avance sur l horaire standard. Nein, les Allemands ne m auront pas eu... Echappee victorieuse a 8 kms de l arrivee. Sur les randos de ce type il y a toujours bien un jour ou on a envie de tracer et de se tirer la bourre avec d autres trekeurs. Une etape a cheval entre les 2 bras de terre Queen Charlotte et Kenepuru avec des baies en veux tu en voila. Un neo-zelandais me fait remarquer que pas mal de terres du coin ont ete deboisees pour etre ensuite surexploitees. Actuellement la foret se regenere et devrait en partie retrouver son etat initial d ici quelques dizaines d annees. Un des magnifiques arbres du coin est le Pohutukawa, ou Christmas tree car ses fleurs apparaissent en decembre et pedurent quelques mois. Arrivee en baie de Portage vers 14h. Plantage de tente et cafe latte pour celebrer la journee.

Derniere journee de ce trek marquee par deux confrontations avec des animaux sauvages. D abord cette nuit, vers 02h00, j entends une bete se rapprochant et semblant roder autour de la tente. Dans la nuit, au beau milieu d un bosquet, on a le temps de se poser des questions sur la nature du monstre... Et puis d un coup ce bruit saisissant d un plastique arrache, dechire sauvagement... Et merde... j ai accroche ma poubelle a la branche d un arbre pour eviter de nouvelles surprises avec mes copains Weka, les oiseaux sans ailes. Mais la nature a pris le dessus. Sortie asap avec la lampe frontale, un coup de torche vers l arbre et la je vois 2 yeux brillants, transpercant la nuit totale. A Bruxelles ca aurait ete un chat mais ici...Djuu c est quoi ce truc suspendu a presque 2 metres de haut dans l arbre ?! La bete semble hypnotisee par ma lampe. Approche en douceur...(avec le pyjama et les boots de rando je devais aussi etre tres impressionant) et au fur et a mesure je distingue une espece de gros marsupial aggripe a l arbre, les griffes encore plantees dans le plastique. Pourtant une bete pareille j en avais deja vue une... ecrasee sur la route. Jamais vivante et si pres ! J ai en face de moi un des 70 millions de possum, fleau de la nouvelle-zelande, importe d Australie et qui s est multiplie a vitesse grand V. Un bon coup de flash, une bonne photo et le voila parti. Et maintenant je finis la nuit avec les ordures dans la tente. Sympa cette petite odeur pot pourri !

Apres cette nuit bof bof c est pas la grande forme d hier et a force de voir des marsupiaux la nuit j en arrive a dormir comme un koala le jour. Pour un court moment, tres court... Je vous disais recemment que ce pays etait grand producteur de miel. Euh et bien faudrait bien que les abeilles se calment 2 secondes dans le coin ! Une piqure de bon matin avec le dar qui reste plante dans la peau. Douloureux. Arrive a la fin de ce trek de 80 kms. Waouh c etait si beau de se promener dans le berceau de la Nouvelle-Zelande... nouvelle, terrain d aventure de quelques grands explorateurs. Ce soir c est le grand luxe: enfin une douche apres 5 jours sans.

Bonne journee a tout le monde.

La terre vue du ciel

(arrivee sur l ile du Sud, region des vignobles)

J ai consacre la matinee a admirer les excellents photos de l exposition de Yann Arthus Bertrand. Des photos du monde, de peuples et de paysages grandioses, voir de drames et dont le point commun et qu elles soient prises du ciel. Sans doute afin d elever les esprits et de faire, une x ieme fois plus, prendre conscience de la fragilite de l edifice.

Le sac a dos est fin pret (encore passe 30 minutes a reflechir comment l alleger au max ce matin) , j ai moi meme pris la voie des airs. J etais etonne de voir que la traversee du detroit de Cook vers l ile du Sud est a peine plus cher en avion qu en bateau. Et oui j ai donc fait first officer dans ce petit coucou de 6 places. Fallait voir la degaine du captain: chemise ouverte, chaine en or qui brille ! Et franchement la precision du vol etait dans le meme style... Dire que je me faisais engueuler a St Hubert quand j etais trop haut ou bas de 50 pieds. Ici ca a ete les montagnes russes tout le vol ! Mais autrement quel paysage fieu ! Ca va plus attendre longtemps avant que je vole de mes propres ailes dans le coin. Et la meme derriere moi m a demande si le commandant avait bien vole... "sure sure madam, no worries" j ai repondu. Pourtant elle etait pas loin de perdre son dentier avec les turbulences.

De retour a Picton, 3 ans apres, et dans le meme backpacker "the villa". Lors de mon premier voyage ca avait ete un tres bon souvenir et je vois que le gars a eu du succes depuis: il a bien agrandi son auberge. A partir de demain 4 jours de randonnee. Va y avoir de beau paysages les enfants. En attendant ce soir je fais le stock de graisse... Fish and chips au programme.

Tuesday, March 07, 2006

Te Papa, plus qu un musee...


... comme le dit la pub. Et oui ici on apprend tout de la Nouvelle-Zelande et des kiwis, qu ils soient d origine Maori ou Pakeha (c est comme ca que sont appelles les migrants venus d Europe). Un musee vraiment bien foutu et comprehensible. Je me suis attarde sur 2 parties importantes du pays: l une geologique et l autre historique.
C est ainsi que l on decouvre que la Nouvelle-Zelande est le pays le plus isole (lointain) de ces voisins du monde et que ces iles se trouvent en plein mil sur le cercle de feu, fracture entre la plaque pacifique et australienne. "Shake your body Baby", car ce sont des milliers de secousses qui se produisent ici chaque annee (deja 3 enregistrees autour de Wellington depuis mon arrivee). Rien de trop grave up to now (je le fais a la Van Damme...).
Ce qui est plus grave c est de voir comment les Maoris, premiers occupants des lieux, se sont fait arnaquer par les Anglais venus leur extorquer leurs terres. Et ca fait pas vieux, 200 ans seulement, un paille dans l histoire, car la Nouvelle Zelande fut le dernier pays decouvert et colonise au monde. OK il y a bien le fameux traite de Waitangi, signe en 1840, cense reconcilier migrants et Maoris...euh je dirais plus pour la forme car la communaute initiale n est plus qu en minorite avec seulement 15 pourcent de la population. Et leurs us et coutumes sont mis en evidence ces derniers temps peut etre plus pour l attraction touristique que pour le respect de la population. Enfin c est sur, etant en sous nombre et bien moins au courant des vices des societes modernes, les Maoris se sont fait et continuent a se faire exploiter.
Dans l apres midi je decouvre une creperie bretonne et c est pas Jiji qui deal mais Sandrine. Tiens j ai pas ose demander de quoi etait faite la crepe Sandrine. En parlant crepes, je me suis achete une magnifique poele style Tefal qui risque de me servir grandement dans les semaines qui viennent. Hotel mille etoiles = ma tente et cusine de luxe avec mon nouveau rechaud et ma poele prete a faire des crepes... en plein bush neo-zelandais. Aah si il fait beau ca peut etre vraiment magique. See Yaaa comme on dit ici (et plus d arigato gozaimasssss... Ca me manque enormement !)

Sunday, March 05, 2006

Premiers battements d ailes a Kiwiland

(Jardin botanique de Wellington: Papillon a la station service)

Mercredi 18h30, plus que quelques foulees sur le sol japonais, ma terre d accueil pendant 6 semaines et qui m a offert tant de bons moments. J embarque dans un boeing 767-300 a destination de Wellington. Changement de decor et place a un projet tout autre. D ailleurs je troque les baguettes pour... un verre de vin blanc ! Et oui, faut mettre les pendules a l heure. Ici fini le sake et place a ces merveilleux vin blancs (sauvignon et riesling etant mes preferes) tellement fruites. A part l apero, c est un vol moyen: pas d ecran video individuel, peu de place et un japonais tres nerveux (en maque de sake c est sur !) qui n en manque pas une pour me reveiller avec ces coups de coude.
A la douane d Auckland, je vais commetre l erreur fatale... Je veux etre honnete et declarer ma tente et mes chaussures de rando qui, comme indique, pourraient etre contaminees. Jusque la pas de craintes, je me dis que ca va aller vite puisque tout est super propre. Seulement...hmmm... vla que je tombe sur le petit jeune, il y a personne d autre comme pigeon, donc le gars est pas presse... Alors allons y je prends mes gants de vaisselle (pas loin de ceux d un chirurgien...) et je deballe tout mais alors vraiment tout sur la table d operation. Il a meme ete jusqu a ouvrir les boites de film et inspecter le contenu de mes papiers (CV, diplomes,...). En parallele j ai droit a un "question pour un champion" special "tete de turc". C est qu il se tracasse le douanier... Un belge ayant pris l avion d Amstedam (la drogue,etc...) pour ensuite passer par le Japon et arriver en NZ pour y vivre. "Mais ou sont vos meubles,..." me dit il ! Et maintenant on passe dans la 4eme dimension. Il prend un petit echantillon des poussieres se trouvant dans le fond du sac contenant mes bouquins et mon ordi... Analyse... il revient vers moi d un air stresse et inquiet comme si il etait en face de Ben Laden et me dit " Il y a des traces d explosif dans ce sac!" Sur le coup ca en est tellement loufoque que je lui retorque du tac au tac " Normal... il doit y avoir une bombe atomique quelque part, je reviens d Hiroshima !". Ouais bon il a pas ri des masses le gamin. Ensuite re analyse et finalement il ramene le brave petit chien qui passe a cote du sac sans renifler le moindre truc dangereux. On me laisse finalement partir apres 1h30 d attente. Je viens de rater mon avion pour Wellington, me balade avec 35kg sur le dos, fait chaud, mais heureusement que les kiwis sont pas tous des mechants et la dame du check-in me remet sur un autre vol.
Wellington, capitale de la NZ et pourtant seulement 200 000 kiwis dans cette ville situee a l extremite Sud de l ile du Nord. En bord de mer, faisant face a l ile du Sud, Wellington se veut plus accueillante et plus humaine que sa rivale Auckland, notamment grace a son magnifique port entoure de collines vert vif et aux maisons de style victorien. De par sa position en bordure du detroit de Cook, Wellington est tres venteuse et vous arrange votre permanente en 2 secondes. Voila pourquoi on la nomme "windy Wellington".
Arrive jeudi apres-midi j ai pose tout mon brole, dont le fameux sac terroriste avec l ordi et les bouquins, dans le youth hostel du coin. Encore un peu plus loin de vous, j en suis maintenant a 12h de decallage horaire en avance sur la Belgique.
Ces premiers jours ont ete consacres a resoudre des details techniques: carte de telephone, ouverture d un compte en banque, et surtout LE planning des activites. Et oui c est que j ai tellement mis d energie et de temps dans l obtention du visa et la preparation du Japon que je suis arrive ici les mains dans les poches. Pas habituel pour moi et ca m a mis un peu mal a l aise. Bon alors depuis hier j ai un macro planning en tete. Je voyage a travers l ile du du Sud jusque fin Avril et apres je reviens a Wellington pauser mes fesses quelques temps pendant l hiver (et oui les saisons sont inversees n est ce pas !). Il sera temps de faire un peu d aviation et d autres activites sympathiques. Donc la grande activite des semaines qui arrivent sera le trekking ou encore appele ici "tramping", terme bien kiwi. J ai aussi envie de m essayer au fruit picking. La saison arrive et cela pourrait etre sympa comme petit boulot pour quelques semaines. Enfin je veux absolument voir un kiwi (l oiseau, pas le fruit [comme les pourris chez Dexia]), probablement le bonheur d une vie :-), alors je compte finir mon sejour de l ile du Sud par une rando sur l ile Steward, celebre pour ces oiseaux incapables de voler.
Ce dimanche je suis alle me balader dans les jardins botaniques. 26 hectares surplombant la ville et accessible au moyen du cable car. Ce jardin et ses couleurs merveilleuses est tres connu pour le Lady Norwood Rose garden et ses 100 especes de rose. Dans le coin on peut aussi avoir la tete dans les etoiles avec l observatoire Carter qui propose des nuits de l astronomie. Finalement ca me rappelle un peu l ecosse et les 6 mois passes a Dundee ou j etais grand amateur des nuits a l observatoire du jardin botanique. Ca semble courant dans le monde anglo-saxon.
A plus tard.